Sommaire

Mode de vie sain et Maladies Non Transmissibles

N. CHAOUKI, S. CHERQAOUI : Division des maladies non transmissibles, DELM, Ministère de la Santé


 

Introduction

 

Déjà en l'an 170 avant J.C, Galien disait "comme à la fois en importance et dans le temps, la santé précède la maladie, nous devrions considérer en premier lieu comment préserver la santé, et ensuite, déterminer comment traiter mieux la maladie". Un mode de vie sain joue un rôle important dans la protection et la préservation de la santé.

 

Dans les pays en développement, l'urbanisation, les changements des comportements et l'évolution de la technologie ont causé un changement rapide des modes de vie de la population. En effet, l’occidentalisation des régimes alimentaires devenus riches en énergie et en graisses, surtout saturées, alors que la dépense énergétique est de plus en plus faible (robotisation, diminution de l'activité physique...), la consommation excessive de sel et d'alcool, la préférence des produits raffinés à ceux contenant fibres et glucides complexes et l ‘adoption de comportements et de modes de vie malsains (augmentation du tabagisme, de la toxicomanie et du stress) entraînent, dans de nombreux pays, une augmentation incontestable des cas de maladies chroniques.

 

Tous ces éléments et d'autres facteurs de risque, joints à l'augmentation de l'espérance de vie, aboutissent à une prévalence accrue de maladies chroniques telles que l'obésité, l'hypertension artérielle, les maladies cardio-vasculaires et respiratoires, le diabète sucré, certains cancers et affections mentales; ce qui engendre des coûts sociaux et des dépenses de santé énormes.

 

Prévention des MNT : Promotion d'un mode de vie sain

 

Un grand nombre de maladies non transmissibles sont évitables, mais ne peuvent pas être guéries une fois contractées. Il faut donc s’attacher à prévenir leur survenue, à retarder leur développement dans les dernières phases de l’existence, à alléger les souffrances dont elles sont la cause et à mettre en place un environnement social favorable à la prise en charge des personnes handicapées de leur fait.

 

Quatre des principales maladies non transmissibles - les maladies cardio-vasculaires, le cancer, la maladie pulmonaire obstructive chronique et le diabète- sont reliés par des facteurs communs de risque évitables qui sont en rapport avec les modes de vie. Il s'agit du tabagisme, de l'alimentation déséquilibrée et du manque d'exercice physique

 

Le régime alimentaire

 

Le bien être nutritionnel d'un peuple est un facteur de développement et le fruit de travaux combiné dans le domaine social, économique, agricole et de la santé. De plus, une alimentation rationnelle et équilibré est indispensable à l'organisme humain. Elle est le moyen le plus économique pour prévenir et éviter plusieurs maladies particulièrement en bas âge.

 

Il faut non seulement manger suffisamment, mais manger surtout équilibré pour construire, édifier l'organisme, produire suffisamment d'énergie pour assurer la thermogenèse, coordonner les réactions de l'organisme et éliminer les déchets et les produits toxiques accumulés dans l'organisme.

 

Plusieurs études scientifiques récentes ont montré qu'il existe une relation étroite entre certains cancers (cancer de la voie buccale, de l'œsophage, du pharynx, de l'estomac, du colon, du sein , du foie, du pancréas, des poumons, de la prostate) et certains types de repas comme ceux contenant une quantité importante de lipides, ou ceux déficients en vitamines A, Vit C ou les aliments salés et fumés. De même les régimes alimentaires riches en lipides représentent une cause directe ou favorisant l'apparition de maladies cardio-vasculaires.

 

Le tabagisme

 

Le tabagisme a pris de nos jours l’ampleur d’une épidémie mondiale. En effet, l’OMS estime actuellement à 1,1 milliard le nombre de fumeurs dans le monde dont 800 millions dans les pays en développement.

 

Au Maroc, la consommation du tabac suit la même tendance que dans les autres pays en développement. En effet, d’après les chiffres de la Régie des tabacs, les ventes de cigarettes ont augmenté entre 1970 et 1997 de plus de 62% et le chiffre d’affaires de la société a été multiplié par plus de 23 .

 

Le tabagisme est considéré comme cause principale de plusieurs maladies non transmissibles telles que :

-          Cancer des poumons, cancers de la lèvre, de la voie buccale, du larynx, du pharynx, de l'œsophage, de l'estomac, du pancréas et de la vessie.

-          Infarctus du myocarde et autres maladies cardio-vasculaires.

-          Maladies respiratoires

 

Contrairement à ce que pourraient laisser supposer les sommes colossales qu’engendre le commerce du tabac pour l’état (5,66 milliards de dirhams pour l’année 1996 au Maroc), le tabac occasionne des dégâts extrêmement importants pour l’économie comme pour l’individu, la famille et la société. En effet, il faut tenir compte aussi bien des frais médicaux directs que des frais indirects. Ainsi, on estime que dans le monde entier, les coûts des traitements, de la perte de

Productivité consécutive à la morbidité croissante et aux décès prématurés dépassent d’au moins 200 milliards de $ US par an les bénéfices économiques du tabac .

 

Cette situation appelle à une mobilisation de toutes les compétences et de tous les moyens pour lutter contre ce fléau .

 

Pour cette raison, un programme de lutte contre le tabagisme a été initié en 1988 dont les principales réalisations sont :

-         Mise en place d'une législation sur le problème du tabac: La loi antitabac, votée en 1991 par la chambre des représentants, a été publiée au Bulletin Officiel n°4381 le 2 Août 1995; Elle est entrée en vigueur six mois après, soit le 3 février 1996. La dite loi est relative à l'interdiction de fumer dans certains lieux publics et à l'interdiction de la propagande et de la publicité en faveur du tabac.

-         Sensibilisation contre les méfaits du tabagisme.

-          Aide des fumeurs au sevrage tabagique.

 

Activité physique

      

L'activité physique diminue les risques de survenue de maladies :

 

-          Le débit cardiaque a tendance à diminuer entre 20 et 80 ans, surtout en cas de maladies cardio-vasculaires, mais on observe 5 fois moins de maladies cardio-vasculaires chez les sportifs.

 

-          Avec l'avancée en l'âge, on note une diminution de la capacité pulmonaire. Le sport, associé à des exercices respiratoires, provoque une hyperventilation qui nettoie les bronches et évite l'encombrement bronchique, donc l'inflammation et l'infection.

 

-          L'ostéoporose se manifeste surtout chez la femme au moment de la ménopause, d'ou l'intérêt de pratiquer une activité physique qui augmente la masse osseuse et diminue ainsi le risque de fracture. La pratique des exercices modérées pendant 30 minutes , 3 fois par semaine pendant 3 ans., augmente de 4,2% de la densité osseuse Elle permet d'entretenir le tonus et la force musculaires .

 

-          Les cellules des fibres musculaires ne sont pas renouvelables, contrairement aux cellules cutanées, rénales ou intestinales. La force musculaire, maximale à 25 ans, diminue régulièrement de 1% par an environ, entre 45 et 55 ans. Au delà, la diminution est plus importante, de l'ordre de 1,5% et s'intensifie encore après 65 ans. Le sport permet d'entretenir le tonus et la force musculaire.

 

Comment réussir la prévention?

 

-          Il est indispensable pour la prévention d'intervenir au niveau de la famille et de la communauté, car les facteurs de risque étiologiques sont profondément ancrés dans la trame socioculturelle de la société.

 

-          L'expérience montre que, pour réussir, les interventions a assise communautaire, telle que la promotion d'un mode de vie sain, il faut la participation de la communauté, des décisions politiques qui les appuient, une action intersectorielle, une législation appropriée, une réforme des soins de santé et une collaboration avec les organisations non gouvernementales, l'industrie et le secteur privé.

 

-          Des décisions ne relevant pas du secteur de la santé ont souvent d'importantes répercussions sur les facteurs de risque et leurs déterminants. Infléchir les politiques publiques dans des domaines tels que le commerce, l'industrie alimentaire et la production pharmaceutique, l'agriculture, le développement urbain et les régimes de taxation est plus efficace du point de vue de la prévention que changer simplement de ligne d'action en santé.

 

CONCLUSION

 

Cercle fermé Environnement - Homme

 

Développement durable 

Ville - Santé

 

3émme Assemblé Mondiale de la Santé

 

Stratégie globale de lutte contre les maladies non transmissibles

(Réf.  n° A53/14,22  mars 2000)

Discours de monsieur le ministre de la Santé