Taoufik LAHLOU : Président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens
L’histoire révèle que les Arabes ont posé, depuis le septième siècle grégorien, le fondement de la profession de pharmacie, ont promu l’art de la pharmacie et ont marqué, grâce à ce dernier, un grand tournant. Au début du neuvième siècle, la pharmacie s’est détachée de la médecine, étant donné le développement scientifique qu’elle a atteint et est devenue une science indépendante.
L’histoire reconnaît les caractéristiques arabes dans cette sciences prouvées par les œuvres éternelles tel que le «Livre de la Pharmacie» de Bayrouni, «Sahib Al Kanoun » d’Avicenne et « la Provision du Voyageur » d’Ibn Al Jazzar, Ali Ibn Abbes, auteur du « Royal », Ibn Tilmid, Ibn Baytar et plusieurs autres.
L’histoire démontre également que les Arabes ont organisé la profession de pharmacie pour la première fois, ont promulgué des lois de l’exercice et ont créé le contrôle par le moyen de la trésorerie.
Durant l’ère de la révolution scientifique, les nouvelles découvertes se sont succédées. Les domaines de l’exercice par le pharmacien de la profession ou plus correctement les professions de la pharmacie, dont, à titre d’exemple, la pharmacie de l’exercice, les analyses biologiques, la pharmacie des hôpitaux, l’industrie pharmaceutique, les instituts d’enseignement et de recherches et la pharmacie clinique, se sont développés et se sont multipliés.
Les exigences de ce développement dans le domaine du traitement ont impliqué la formation de cadres ayant une grande aptitude, ce qui ne pourra être réalisé que par la reconsidération des programmes d’études et par l’incitation des facultés de pharmacie à assurer aux étudiants, cadres de l’avenir, un enseignement en accord avec le niveau requis et selon les impératifs du développement. Cette formation doit également être associée aux besoins et ce, dans le cadre d’une politique de pharmacie globale en accord et en harmonie avec la réalité.
Beaucoup de gens croient que le pharmacien pratiquant est un simple commerçant, alors qu’en réalité, un grand nombre d’entre eux ignore que le pharmacien ne peut exercer sa profession que selon des conditions difficiles et après de longues études universitaires qui exigent cinq ans de formation théorique et pratique au moins. Cette certitude demeure établie et enracinée.
Le pharmacien est un homme de sciences qui a fait des études de pharmacie à l’université, a passé une période de stage, a obtenu le diplôme de pharmacie et a entamé, par la suite, la profession par autorisation du secrétariat général du gouvernement, après consultation du ministère de la santé et de l’ordre des pharmaciens. L’acte pharmaceutique consiste en :
· la préparation des formules pharmaceutiques et des médicaments (simples ou composés),
· les analyses biologiques,
· le contrôle des médicaments,
· l’exécution des instructions médicales figurant sur les prescriptions et la vente des médicaments, car le pharmacien vérifie soigneusement la prescription médicale, constate les noms des médicaments, établie l’existence d’un lien entre eux et demande au médecin une explication en cas d’hésitation sur le médicament prescrit, pour s’assurer des instructions de la prescription,
· le contrôle des quantités et des doses et le conseil de ne pas dépasser les dosages,
· la recherche dans toute prescription médicale, le cas échéant, des contre-indications involontaires ou qui résultent de l’association médicamenteuse dangereuse pour la santé du patient,
· le pharmacien respecte également la toxicité des médicaments qu’il fournis au patient selon la teneur de la prescription,
· le pharmacien est également tenu de découvrir les réactions internes dues à l’association médicamenteuse et de toujours s’en méfier,
· il veille sur l’utilisation correcte des médicaments, défend l’excès et, à chaque fois qu’il remarque des contradictions ou des effets secondaires lors de la consommation, averti le centre de pharmacovigilance,
· le pharmacien pratiquant se préoccupe également, dans le cadre de son travail, des problèmes du changement de la bio-disponibilité.
C’est l’image classique du pharmacien pratiquant. Cependant, le pharmacien pourrait jouer un rôle plus important, notamment dans les pays du tiers monde. En réalité, beaucoup de gens ont recours, en premier lieu, au pharmacien pour le consulter et suivre ses conseils. Ainsi, le rôle du pharmacien en tant que conseiller est d’une très grande importance, puisqu’il est responsable des médicaments spéciaux qu’il présente au patient, surtout quand il n’y a pas de prescription médicale. Le pharmacien attire l’attention du patient sur la gravité de l’automédication qui se répand actuellement en raison du développement urbain et l’habitude excessive à prendre les médicaments.
Le pharmacien exerce également d’autres activités para pharmaceutiques, telle que la diététique, l’alimentation infantile, les équipements médicaux et sanitaires… Le pharmacien peut également donner des conseils dans les domaines de la médecine vétérinaire, la phytothérapie et autres.
Le pharmacien est le premier conseiller de la famille à qui les gens ont recours pour demander son avis dans les domaines de la vaccination, en particulier ce qui concerne le calendrier des vaccinations pour enfants, les précautions nécessaires à prendre dans l’injection des sérums, la planification familiale et les analyses biologiques …
Il existe d’autres activités liées à la profession dans lesquelles le pharmacien jouit de la capacité requise, dont, à titre d’exemple, le travail dans les hôpitaux, les fabrications, les laboratoires de contrôle et ceux des analyses biologiques, l’enseignement universitaire dans les facultés de pharmacie et l’affiliation aux commissions compétentes du ministère de la santé.
Le pharmacien est un homme de sciences qui évolue selon les exigences du développement scientifique et de la promotion sociale. Il est un élément essentiel dans la prestation des services médicamenteux. Il représente un maillon nécessaire et obligatoire dans la chaîne de la santé publique. Le pharmacien pratiquant est tenu de préserver son rôle de premier artiste non seulement dans la fourniture des médicaments, mais également dans toutes leurs étapes : la recherche scientifique, la production et l’industrie pharmaceutiques, le contrôle, la distribution, ainsi que la pharmacie clinique. Il veille personnellement sur l’utilisation des médicaments dans les hôpitaux et suit de près leur efficacité, ainsi que leurs effets secondaires. Ce rôle du pharmacien clinique trouvera sûrement ses reflets sur le pharmacien pratiquant.
Les gens de races et de couleurs différentes connaissent le bienfait du médicament. Si la bonne utilisation du médicament est une grâce, sa mauvaise utilisation est, par contre, une malédiction. Il y a des médicaments qui sont dangereux de nature et il y en a d’autres qui le sont selon leur utilisation. Le développement scientifique et technique a apporté plus de genres de médicaments dangereux. Or les médicaments modernes sont fabriqués de particules actives qui ont été découvertes ou créées par les scientifiques et les chercheurs. Le nombre de ces particules, ainsi que leur efficacité et leur gravité, a augmenté de jour en jour. La consommation des médicaments s’est élevée d’une manière régulière à cause de l’évolution sociale et économique et de l’augmentation du niveau de vie.
Ce secteur requiert désormais plus de soins, en particulier lors de la remise du médicament au patient. Le pharmacien pratiquant est tenu de ne pas se limiter à l’avenir au niveau actuel, mais doit procéder au suivi de la consommation du médicament pour les raisons suivantes :
· Gamme des médicaments. Devant la gamme de médicaments qui ne cesse d’augmenter et la découverte de nouveaux genres de médicaments, le médecin indique désormais plusieurs médicaments sur la prescription. Cette poly thérapie se propage, la plupart du temps, sans motif et l’association de ces médicaments entraîne les réactions internes suivantes : soit la synergie, c’est à dire la réaction synthétique due à l’association des réactions de tous les médicaments, soit la potentialisation et dans ce cas la gravité du traitement augmente parfois rapidement; soit l’antagonisme partiel ou complet, ce qui élimine la réaction thérapeutique relativement ou complètement.
Le rôle vital du pharmacien, lequel est complémentaire et adapté à celui du médecin, apparaît ainsi. Le pharmacien est tenu d’être, comme l’est le médecin, conscient des réactions interactives que risque de produire l’association des médicaments prescrits et qui peuvent être graves.
· Progression de la consommation des médicaments. La polythérapie et l’ignorance par les patients et les consommateurs de l’efficacité des médicaments entraînent des accidents qui peuvent être parfois graves, tel que l’utilisation excessive des antibiotiques. Le rôle du pharmacien dans la protection contre ces accidents et contre l’intoxication par les médicaments est donc un rôle d’une efficacité de première importance.
Il y a des facteurs qui ont contribué à la décadence de la profession de pharmacie et, par conséquent, au déclin du rôle du pharmacien. Ils peuvent être exposés comme suit :
· Les côtés
scientifique et commercial de la pharmacie se rattachent comme des siamois. Le
citoyen ne distingue, la plupart du temps, de cette combinaison que le côté
commercial, le pharmacien, ne jouissant pas, par conséquent, de la même
considération accordée aux autres professions supérieures qui ne présentent pas
au citoyen, outre le service professionnel, une marchandise. La pharmacie est
devenue dans l’usage et la conception du citoyen un supermarché d’un genre
particulier.
· La
disponibilité restreinte de marchandises commerciales non-médicales ou
non-pharmaceutiques dans la pharmacie, telles que les produits de beauté et les
serviettes hygiéniques, a contribué à l’ancrage du concept commercial de cette
dernière.
· L’absence d’un
contrôle rigoureux de la vente des médicaments sans prescription médicale, ce
qui suscité le mécontentement des médecins, contribuant ainsi auprès de leurs
patients, directement ou indirectement, au déclin du centre pharmaceutique et
du pharmacien. Les pharmaciens ont tort lorsqu’ils croient qu’ils sont
qualifiés à fournir tous les médicaments sans prescription, car leur
qualification scientifique ne leur permet pas de lier entre le diagnostic et le
traitement.
· L’interruption
par certains pharmaciens de l’enseignement qui entraîne la suspension de leur
relation scientifique avec toute nouveauté dans le domaine du médicament et du
traitement, se positionnant, par conséquent, hors du cadre scientifique avisé
de la profession et se limitant dans la connaissance des nouveaux médicaments
sur le nom seulement, devenant ainsi incapable de donner le conseil au médecin et
au patient tel que lui dicte son obligation.
· L’absence d’une
relation harmonieuse entre le médecin et le pharmacien.
La relation entre la société et la profession était le résultat d’un héritage historique qui s’est prolongé pendant de longues périodes, durant lesquelles se sont accumulées des images divergentes et convergentes du pharmacien, en tant qu’être humain et de la pharmacie, en tant que profession, selon le développement de cette dernière et celui de son exercice par des pharmaciens. Étant donné que l’homme est l’ennemi de ce qu’il ignore, les pharmaciens et leur profession, bien qu’elle ait offert plusieurs services humains et médicaux, sont l’objet de soupçon et de méfiance de la part de la société, du fait de l’ambiguïté qui enveloppe la profession et le travail des pharmaciens.
Attendu que le rapport entre la profession et les pharmaciens avec les gens se limite presque à celui d’un rapport avec une personne malade ou avec sa famille, il représente donc une relation entre une personne forte et capable avec une autre faible et indigente, entre celui qui possède la santé ou le médicament qui redonne la santé et celui qui a besoin de la récupérer et avec un prix abordable ou non.
Etant donné que la profession traite de la santé des gens et, par conséquent, de leur vie, un grand nombre d’effets secondaires des maladies ou des médicaments qu’ils peuvent contracter, notamment dans le cas de l’échec du traitement ou du décès du malade, est attribué aux traitants et aux pharmaciens.
Ces données ont engendré un climat tendu qui se distingue par :
· Des expressions
négatives dans les relations entre les pharmaciens et les membres de la société
et au niveau des mass média, qui ont essayé de minimiser l’importance de la
profession et de sous-estimer leur rôle.
· Le conflit
perpétuel entre les professions de pharmacie et de médecine sur les limites
entre elles et le mérite de chaque profession au niveau des droits et des
privilèges.
· En plus de la
grande disparité dans l’enseignement pharmaceutique universitaire à cause de la
multitude de ressources alimentant la profession et ses éléments, conduisant à
l’existence de niveaux d’enseignement disparates et des pratiques
professionnelles différentes.
· Le degrés
d’adaptation avec les besoins actuels ou à venir de la profession et de la
société que les méthodes d’enseignement ont atteint a pour cause le phénomène
de la pléthore des diplômés, d’une part et le manque des capacités nécessaires
de la profession dans son développement, d’autre part.
· L’introduction
du facteur politique pour faciliter la reconnaissance des universités, ce qui a
permit d’autoriser des réussites au-dessous du niveau requis.
· L’absence d’une
autorité qui jouit du droit d’orienter les personnes désireuses de suivre des
études de pharmacie, de les en dissuader, de limiter leur nombre ou d’orienter
leurs compétences, ce qui a laissé l’étude de pharmacie une opération purement
individuelle soumise à tous les facteurs, sauf celui des besoins de la société
et sa capacité à répondre aux exigences de la profession et aux impératifs de
son développement.
Nous remarquons pratiquement le degré d’imitation dans les législations qui régissent la profession de pharmacie, que ce soit dans sa définition, les champs de son efficacité, la codification de ses engagements et de ses droits ou l’ouverture sur les possibilités de son développement, représentant dans leur ensemble une codification de la profession et de son efficacité conformément à la logique de son existence et sa pratique entre les deux guerres mondiales.
Si elles reflètent un certain développement à travers l’inférence des changements et des modifications qui y ont été introduits, elles ont été ultérieures, et non pas antérieures, au développement et n’en ont pas été l’auteur. Elles ne pouvaient le contenir que par le silence ou par des amendements et des modifications qui contrôlent le changement. La législation qui organise la profession à travers le corps des pharmaciens est également plus proche dans ses règles à celles des régimes intérieurs des associations que des législations régissant les professions scientifiques supérieures, indépendantes et jouissant d’une autorité d’organisation professionnelle et de ses responsabilités, en plus d’une partie importante de responsabilités que le corps est tenu d’assumer et ce, par le secrétariat général du gouvernement.
La législation a ainsi porté les graines d’un dualisme intense dans plusieurs de ces côtés et le corps a perdu une partie importante du sens et de la philosophie de son existence, tel qu’il a été consacré par les législations dans les pays développés.
Au lieu que les lois soient un instrument pour développer le secteur et contribuer à son essor, elles sont devenues un instrument pour perpétuer une réalité caractérisée par la stagnation.
Il n’y a aucun doute qu’un grand nombre de circonstances extérieures qui ont commencé à influencer la profession et sa position a commencé dans la profession elle-même et s’en est détaché pour devenir une conditions l’entourant. Il continu à s’alimenter des conséquences intérieures continues de la profession.
L’exercice de la profession qui est dure de nature et qui contraint le pharmacien à rester en permanence à la pharmacie a créé chez lui un état de retrait sur soi, rétrécis les horizons qui font fonctionner son intelligence et l’enferme dans l’isolation. Les méthodes connues d’accomplissement par le pharmacien de ses devoirs délimitent graduellement les horizons de la connaissance et du développement scientifique chez lui. Il se détache ainsi graduellement de sont époque et de son temps et affronte les défis de ses circonstances et les conditions de contradiction et de concurrence avec la profession de médecine par une différence négative dans la plupart des cas. L’enseignement poste universitaire, les congrès scientifiques et l’avènement de l’Internet permettent heureusement de sortir de cette impasse.
En plus, le pharmacien, bien qu’il exerce une profession importante et grave dans la vie de la société et joue un rôle éminent dans le service médical, connais un affaiblissement systématique de sa confiance en sa profession et en son avenir, ainsi que sa confiance en lui-même, d’autant que l’exercice de la profession de pharmacien est lié aux cas d’urgence et d’exception. Par conséquent, le pharmacien, dans l’exercice de sa profession, souffre d’une inquiétude permanente sur son revenu quotidien, le niveau de sa vie et sa capacité à tenir ses engagements, car il n’a pas confiance en la dimension de son travail et de ses opportunités et en la constance de ce travail et de son rendement.
Un ensemble de positions et de jugements sociaux, que la législation a contribué à consacrer, ont été formulés au sujet de ses facteurs précités, donnant ainsi naissance à des pratiques tels que la déviation des lois de l’exercice, de ses déontologies et de l’intégrité des relations entre la profession, la société et les institutions par les images courantes de la vie professionnelle vécue.
Les grandes lignes des objectifs à venir de la profession peuvent être soulignées comme suit :
· la conviction
de la population de l’efficacité et de l’importance du rôle des pharmaciens
dans l’édification sanitaire, scientifique, sociale et économique de la
société,
· l’octroi aux
pharmaciens de leur part de considération sociale, officielle et
professionnelle,
· l’assurance de
la stabilité de vie et de la stabilité professionnelle aux pharmaciens dans les
différents domaines de leur activité pour qu’ils puissent jouer leur rôle
important et développer leur profession,
· une coalition
forte et efficace des pharmaciens afin que les corps puissent remplir leurs
tâches d’orientation et d’organisation et exercer leur influence avec une
efficacité croissante sur les responsables dans les domaines de la législation.
L’initiative
principale doit être prise par les pharmaciens eux-mêmes. Comment pouvons-nous
convaincre la population de l’importance de notre rôle si nous négligeons de le
jouer ? Comment obtenir notre droit à la considération sociale si nous ne
nous respectons pas nous-mêmes ? Et comment réclamer la stabilité de vie
et la stabilité professionnelle si nous ne prouvons pas clairement et
scientifiquement que nous sommes dignes de cette stabilité.
En réalité, malgré les inconvénients existant actuellement dans la profession, le rôle que jouent les pharmaciens dans la société, en leur qualité de pionniers sanitaires, est très important et très positif et mérite tout le respect de la société. Mais comment la population peut-elle considérer un rôle que personne n’a tenté de le lui expliquer.
L’absence d’une conception correcte du rôle du pharmacien chez la plupart des gens est la source de tous les inconvénients dans notre profession. C’est de la population que naissent les directions politiques, sociales, médiatiques et législatives.
La profession de pharmacie est basée avant tout sur la science et ses applications, sauf que celle-ci n’est ni stagnante ni fixe, mais elle est sujette au développement et à la rénovation. Nous sommes tenus ainsi de développer nos connaissances et nos informations de manière continue et sans interruption. Ceux qui se contentent des sciences qu’ils ont assimilées durant leurs études universitaires ne tarderont pas à régresser scientifiquement et, par conséquent, porter atteinte à eux-même, à leur profession et à leurs patients.
La tentative d’inférer la réalité de la pharmacie et de prévoir son avenir a pour but de nous dépasser, de dépasser nos conditions actuelles et d’aspirer au rôle que nous devons jouer dans notre société et à la place que doit occuper notre profession dans le domaine du service médical aussi bien pour la société que pour les individus, à travers une vision progressiste assimilant les changements, représentant les ambitions de la société et celles de la profession et effectuant une transformation qualitative de la profession de pharmacie sur de nouveaux plans et dans tous les domaines.
La réflexion futuriste responsable, la capacité de dépasser le présent en toutes ses circonstances, la tentative de détourner les contraintes, les problématiques et les complexes du présent et l’orientation effective vers l’avenir, requièrent le courage et la capacité de vision et de réflexion à haute voix et le courage de faire face aux problèmes de l’inconnu, la connaissance des tendances de l’avenir à travers celle des tendances du présent et son orientation non seulement dans notre pays, mais également dans le reste des autres pays. Ceci nécessite la capacité de vision complète de la profession, y compris son histoire, sa réalité, les côtés de son développement, l’accélération qui caractérise ce développement, la situation de la profession dans le cadre du système médical et la réalisation de la transformation qualitative. Ceci requiert une augmentation des capacités scientifiques et des connaissances, un changement fondamental de la description du rôle de la profession de pharmacie et des changements essentiels dans les cadres législatifs et organiques de la profession et dans les différents modes de son exercice, public ou privé ou parmi des cadres communs entre les deux secteurs.
La plupart des pensées passées et actuelles manquent de leur valeur si elles demeurent retenues dans nos mémoires. Nous ne pouvons pas non plus connaître leur vraie valeur sans les soumettre au débat pour devenir en soi une action suscitant des réactions. Nous constatons par la suite leur mérite et leur capacité à influencer positivement ou négativement et les occasions d’investir cette pensée. Nous aurons ainsi fait le premier pas d’un long trajet, un pas ferme sur une voie ascendante. Nous sommes certains que si les pharmaciens découvrent leur place à venir, deviennent conscients de leur rôle et assument leurs responsabilités, ils seront sans doute capables de trouver une meilleure compréhension de la part de leurs sociétés, une coopération plus large dans le cadre du système médical et un soutien important dans le cadre de l’Etat.