Historique de l'INH

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L'Institut d'Hygiène du Maroc a été inauguré le 30 décembre 1930 à Rabat par le Professeur Léon BERNARD, Président du Conseil Supérieur d'Hygiène de France, sous la présidence de Mr Lucien SAINT, Résident Général de la République Française au Maroc dans le but de prendre en charge les problèmes d'hygiène et d'épidémiologie des maladies transmissibles du Maroc et de diffuser les notions élémentaires de l'hygiène et de la prophylaxie pour protéger la santé de la population.

 

Voir l'organisation de l'INH en 1930

 

Film d'animation sur l'historique de l'INH

Durée: 10min Taille: 11.2Mo (Format Flash)

 

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Discours prononcés à la séance d'inauguration

le 30 décembre 1930

Discours du Docteur COLOMBANI

Discours de M. Lucien SAINT

Discours du Docteur GAUD

Discours du Professeur Léon BERNARD

 

 

L'activité de l'Institut d'Hygiène s'exerçait sur quatre plans :

 

Étude méthodique des problèmes d'hygiène et d'épidémiologie

Les maladies pestilentielles et le paludisme ont été les premiers abordés à cause de l'urgence des problèmes soulevés par eux. Ensuite, l'Institut d'Hygiène s'est intéressé à l'étude des grandes maladies sociales (syphilis, lèpre, cancer, trachome…).
Dès 1934, une vaste enquête était menée sur la tuberculose.
L'épuration des eaux de boisson, l'hygiène rurale, l'hygiène professionnelle ont fait l'objet de travaux publiés dans le Bulletin de l'Institut d'Hygiène.
Le Dr Charnot, Chef du Laboratoire de Chimie de 1931 à 1946, a particulièrement étudié la toxicologie marocaine. Il a condensé son travail de quinze années dans un livre qui a valu à son auteur le prix scientifique du Maroc.
Des maladies locales comme la bilharziose, le darmous (fluorose des zones phosphatières), les splénomégalies nord-africaines ont été également étudiées par l'Institut d'Hygiène.

 

Étude des moyens de prophylaxie efficaces contre les maladies endémo-épidémiques

Qu'il s'agisse de peste, de typhus, de fièvre récurrente mondiale, de variole, de choléra, l'Institut d'Hygiène s'est constamment tenu au courant des procédés de prophylaxie employés dans les divers pays du monde où sévissent ces maladies.
Le Service Antipaludique du Maroc, sous la direction du Dr Sicault, puis sous celle du Dr Messerlin, a réalisé le même effort en ce qui concerne le paludisme.

 

Enseignement et diffusion des méthodes de lutte contre les maladies sociales

L'Institut d'Hygiène s'y est employé dans un effort d'enseignement comportant plusieurs degrés. Cet enseignement s'adressait aux médecins de la Santé Publique lors de leur recrutement et éventuellement au cours de leur carrière, aux infirmiers des services régionaux d'hygiène et d'épidémiologie destinés à combattre sur le terrain les mouvements épidémiques. Des stages d'instruction et de perfectionnement étaient organisés au sein de l'institut qui leur permettaient de faire face à leur tâche de prospection, de traitement et de prophylaxie des maladies épidémiques.
Les Contrôleurs civils, les Officiers des Affaires Indigènes, les instituteurs, de par leur position sociale, suivaient un cycle de conférences pratique à l'Institut d'Hygiène du Maroc avant leur entrée en fonction au Maroc afin de faire pénétrer dans le public citadin ou rural les notions d'hygiène.

 

Rôle de laboratoire central

L'activité des laboratoires de l'Institut d'Hygiène était spécialement orientée vers les questions d'épidémiologie et d'hygiène. Le personnel et l'outillage technique spécialisés permettaient à l'Institut de réaliser des examens qui ne pouvaient être faits dans les laboratoires de routine. Ses laboratoires suppléaient à l'insuffisance des laboratoires cliniques au Maroc. Cette activité s'est progressivement réduite au fur et à mesure de la création et du développement des laboratoires privés et des laboratoires régionaux de la Santé Publique. Cependant, elle n'a pas encore cessé puisque les examens nécessaires à la conduite des expertises criminelles par exemple se font toujours à l'Institut d'Hygiène.
D'autre part, c'est dans les laboratoires de l'Institut d'Hygiène que se faisait l'instruction pratique des techniciens de laboratoires formés par le Centre d'Etudes Supérieures Scientifiques.

 

 

En 1950, cet organisme comprenait:

Une division d'études et de recherches groupant plusieurs laboratoires:
- Laboratoire de microbiologie et de sérologie.
- Laboratoire d'histopathologie.
- Laboratoire de parasitologie et d'hématologie.
- Laboratoire de trachomatologie.
- Laboratoire de chimie et de toxicologie.
- Laboratoire central de la transfusion sanguine.

Une division de prophylaxie appliquée avec trois services:
- Service de prophylaxie générale pour l'étude épidémiologique des maladies pestilentielles et la lutte contre celles-ci.
- Service antipaludique.
- Service de prophylaxie antituberculeuse.
En liaison avec les services régionaux d'hygiène et d'épidémiologie, ces services centralisaient, chacun dans sa spécificité, tous les renseignements épidémiologiques, dirigeaient l'exécution pratique des mesures prophylactiques et y participaient eux-mêmes au besoin.

Une division de documentation comportant une bib1iothèque, un service de documentation iconographique, une publication scientifique: le Bulletin de l'Institut d'Hygiène.

Laboratoire de Microbiologie  Salle des travaux pratiques  Laboratoire du Paludisme
Laboratoire de Chimie biologique Laboratoire d'Histopathologie Laboratoire de Parasitologie

 

 

Au lendemain de l'indépendance et avec la création du Ministère de la Santé Publique, l'Institut d'Hygiène du Maroc devient Institut National d'Hygiène avec pour mission la surveillance épidémiologique des maladies transmissibles, la toxicologie et l'hygiène alimentaire.

Le Dahir Royal N° 1-63-112 du 12 novembre 1963 visait la création de l’Institut National de Santé Publique sous forme d’établissement public et qui n’a jamais abouti. Il a été réorganisé en 1989 pour devenir un service central du Ministère de la Santé rattaché à la Direction de l'Épidémiologie et de Lutte contre les Maladies.
En 1972, une note ministérielle a été diffusée pour préciser les attributions de l'INH qui était alors le diagnostic, la formation et l'expertise.
Entre 1989 et 1992, de nouveaux laboratoires et centres ont été mis en place pour répondre à des besoins pressants:
En 1989, le Département d'Immunologie et le Centre Anti-Poison et de Pharmacovigilance ont été crées au sein de l'INH.
En 1990, le Département de Génétique Médicale a été créé. Après la structuration, l'équipement du laboratoire et la formation de l'équipe, le premier caryotype a été réalisé par l'équipe du département en 1992.
En 1991, le centre de dépistage et de confirmation de l'infection à VIH a été mis en place. Il est devenu en 1993 le Centre National de Diagnostic et de Suivi de l'infection VIH.
Les années 1992, 1993 et 1994 ont vu la création respective des secteurs d'Immunochimie, d'Auto-immunité et de l'HLA.
En 1996, et afin d'assurer l'investigation de tous les cas de paralysie flasque aiguë (PFA) déclarés au Maroc, le secteur de Virologie a été mis en place.
Le département d'Immunologie devient alors le Département d'Immunologie-Virologie.
En 1998, l'Unité des Virus des Hépatites a vu le jour. Entre 1992 à 1996 de nombreux laboratoires et centres ont été consacrés Centres de Référence de l'Organisation Mondiale de la Santé ou Laboratoires Nationaux de Référence :
- Centre national de référence pour le diagnostic et le suivi de l'infection VIH,
- Laboratoire national de référence de lutte contre la Tuberculose,
- Laboratoire de référence OMS de la Poliomyélite,
- Laboratoire de référence OMS de la Grippe,
- Laboratoire national de référence de lutte contre les Méningites,
- Laboratoire national de référence de lutte contre les Infections Sexuellement Transmissibles,
- Laboratoire national de référence de lutte contre les Maladies Entériques.
Pour assurer la restructuration et l'encadrement du réseau national des laboratoires de santé publique et l'amélioration de ses performances, l'INH a mis en place en 1998 une nouvelle structure, le Bureau des Laboratoires, chargé d'implanter un programme d'assurance qualité en biologie en assurant:
- la standardisation et la normalisation des procédures et équipements des laboratoires
- le renforcement des compétences du personnel des Laboratoires de Santé Publique par la mise en place d'un programme de formation continue;
- le contrôle de qualité des réactifs de laboratoire et la validation des systèmes analytiques y afférents;
- l'implantation d'un programme de sécurité au laboratoire;
- l'organisation d'un programme d'évaluation externe de la qualité en biologie.
Cet effort de mise à niveau des laboratoire vise à assurer au Ministère de la Santé une surveillance épidémiologique pertinente et à jour. C'est cet effort que l'INH tend à soutenir et élargir à d'autres structures dans un cadre de décentralisation et de rapprochement autant que possible des services de soins du citoyen.
Entre 1998 et 2004, l'Unité de Biologie Moléculaire dédiée à l'infectiologie et l'Unité de Cytométrie en flux ont été mises en place, de même que les Laboratoires de Référence OMS pour la Rougeole et la Rubéole.
L'unité de biologie moléculaire en collaboration avec d'autres laboratoires de l'INH (Bactériologie, Parasitologie et Virologie) constitue la plateforme technique pour l'Observatoire National de surveillance des micro-organismes pathogènes pour l'Homme. 

En juin 2002, l'INH a bénéficié d’un statut de service étatique à gestion autonome (SEGMA).

 

Date de dernière modification: mercredi 27 octobre 2010 21:54