L'activité
de l'Institut d'Hygiène s'exerçait sur quatre plans :
Étude
méthodique des problèmes d'hygiène et d'épidémiologie
Les
maladies pestilentielles et le paludisme ont été les
premiers abordés
à cause de l'urgence des problèmes soulevés par
eux. Ensuite, l'Institut d'Hygiène s'est intéressé à l'étude
des grandes maladies sociales (syphilis, lèpre, cancer, trachome…).
Dès 1934, une vaste enquête était menée
sur la tuberculose.
L'épuration des eaux de boisson, l'hygiène rurale, l'hygiène
professionnelle ont fait l'objet de travaux publiés dans le
Bulletin de l'Institut d'Hygiène.
Le Dr Charnot, Chef du Laboratoire de Chimie de 1931 à 1946,
a particulièrement étudié la toxicologie marocaine.
Il a condensé son travail de quinze années dans un livre
qui a valu à son auteur le prix scientifique du Maroc.
Des maladies locales comme la bilharziose, le darmous (fluorose des
zones phosphatières), les splénomégalies nord-africaines
ont été
également étudiées par l'Institut d'Hygiène.
Étude
des moyens de prophylaxie efficaces contre les maladies endémo-épidémiques
Qu'il
s'agisse de peste, de typhus, de fièvre récurrente
mondiale, de variole, de choléra, l'Institut d'Hygiène
s'est constamment tenu au courant des procédés de prophylaxie
employés dans les divers pays du monde où sévissent
ces maladies.
Le Service Antipaludique du Maroc, sous la direction du Dr Sicault,
puis sous celle du Dr Messerlin, a réalisé le même
effort en ce qui concerne le paludisme.
Enseignement
et diffusion des méthodes de lutte contre les maladies sociales
L'Institut
d'Hygiène s'y est employé dans un effort d'enseignement
comportant plusieurs degrés. Cet enseignement s'adressait
aux médecins de la Santé Publique lors de leur recrutement
et éventuellement au cours de leur carrière, aux infirmiers
des services régionaux d'hygiène et d'épidémiologie
destinés à combattre sur le terrain les mouvements
épidémiques. Des stages d'instruction et de perfectionnement étaient
organisés au sein de l'institut qui leur permettaient de faire
face à
leur tâche de prospection, de traitement et de prophylaxie des
maladies
épidémiques.
Les Contrôleurs civils, les Officiers des Affaires Indigènes,
les instituteurs, de par leur position sociale, suivaient un cycle
de conférences pratique à l'Institut d'Hygiène
du Maroc avant leur entrée en fonction au Maroc afin de faire
pénétrer dans le public citadin ou rural les notions
d'hygiène.
Rôle
de laboratoire central
L'activité
des laboratoires de l'Institut d'Hygiène était spécialement
orientée vers les questions d'épidémiologie et
d'hygiène. Le personnel et l'outillage technique spécialisés
permettaient à l'Institut de réaliser des examens qui
ne pouvaient être faits dans les laboratoires de routine. Ses
laboratoires suppléaient à l'insuffisance des laboratoires
cliniques au Maroc. Cette activité s'est progressivement réduite
au fur et à mesure de la création et du développement
des laboratoires privés et des laboratoires régionaux
de la Santé
Publique. Cependant, elle n'a pas encore cessé puisque les examens
nécessaires à la conduite des expertises criminelles
par exemple se font toujours à l'Institut d'Hygiène.
D'autre part, c'est dans les laboratoires de l'Institut d'Hygiène
que se faisait l'instruction pratique des techniciens de laboratoires
formés par le Centre d'Etudes Supérieures Scientifiques.