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SOUS LE HAUT PATRONAGE

DE SA MAJESTE LE ROI MOHAMMED VI

Que Dieu l’Assiste

  

« JOURNEE NATIONALE SUR LA SANTE MENTALE »

 Discours de Monsieur le Ministre de la Santé

 Dr. MOHAMED CHEIKH BIADILLAH

Rabat, le 22 février 2007

 

Mesdames, Messieurs,

 Permettez moi tout d’abord de vous dire le plaisir et le privilège qui sont les miens de participer avec vous à l’ouverture de la conférence nationale sur la santé mentale et les toxicomanies, première du genre au Maroc et au niveau de toute notre région, et pour laquelle nous avons choisi pour thème « Ensemble relevons les défis ».

La tenue de cette conférence aujourd’hui sous le Haut Patronage de Sa Majesté le ROI  MOHAMMED VI, que Dieu l’Assiste, témoigne  de l’intérêt que porte notre souverain,  à la santé en général et à la santé mentale en particulier. La référence de notre système de santé fait partie de ces grands chantiers ouverts par Sa Majesté le ROI et qui façonnent le Maroc de demain.

Permettez moi de remercier, à cette occasion, Monsieur le représentant de l’OMS, Dr Raouf BENAMAR, Madame Maie AYOUB Von Khol, Présidente du Groupe Thématique ONUSIDA au Maroc,  et le Programme d’Appui du  Fonds mondial  de Lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme,  pour leur appui, leur soutien, leur accompagnement,  leur bienveillance et leur engagement sans faille.

Je saisis cette occasion pour adresser mes remerciements à nos invités, experts de pays amis, venus de si loin pour partager avec nous leurs connaissances dans ce domaine.

J’adresse enfin mes plus profonds et plus vifs remerciements à tous les professionnels de santé, particulièrement ceux qui exercent dans ce secteur ainsi qu’aux ONG pour leur engagement.

Mesdames Messieurs,

Au delà des résultats de cette étude, c’est la mise en place d’une nouvelle stratégie de prise en charge de la maladie  mentale pour les années qui viennent, qui doit capter note attention et disons d’emblée que les chiffres obtenus correspondent aux données internationales et vont nous permettre de planifier nos actions à venir sur la base de données concrètes et j’y reviendrai.

Cette planification doit nous permettre de mettre fin à la psychiatrie asilaire en intégrant la santé mentale dans la pratique quotidienne de la médecine tout court, de combattre la stigmatisation et combler le déficit en matière de pédopsychiatrie et de prévention. Mais aussi de revoir notre copie en matière de Toxicomanie et consolider les acquis en matière de VIH/SIDA. Le sort des sans domicile fixe doit aussi nous interpeller et être l’objet d’une collaboration multisectorielle.

Mesdames et Messieurs,

L’enquête nationale a permis une meilleure connaissance de la situation épidémiologique des troubles mentaux et des toxicomanies au Maroc. Elle a fait usage d’instruments d’évaluation éprouvés au plan international, le Mini International Neuropsychiatric Interview, ou MINI, est l’outil utilisé. Il s’agit selon les spécialistes d’une bonne méthodologie

Ce que nous recherchions, c’était de déterminer les prévalences,  l’ampleur des troubles mentaux et des toxicomanies au Maroc, pour y apporter des solutions dans le court et moyen termes. C’est fait.

Permettez moi, malgré tout de souligner la nécessité d’analyser les résultats de cette enquête avec circonspection et se garder de toute interprétation excessive qui stigmatiserait, encore davantage, une population déjà meurtrie par le rejet dont elle fait l’objet.

Il faut souligner que ces résultats entrent dans les normes internationales surtout quand on les compare à ceux de certains pays occidentaux comme les Etats-Unis et  la France. Nous ne pouvons, cependant pas les comparer à ceux de pays similaires pour la simple raison qu’aucune étude similaire n’a été réalisée ni en Afrique du Nord ni en Afrique subsaharienne,  hormis quelques enquêtes qui ont concerné certaines villes : Alger, Nouakchott et Tananarive.

 

Mesdames, Messieurs,

Quels sont les principaux résultats que l’on peut retenir aux termes de l’enquête nationale sur la santé mentale et les toxicomanies qui a porté sur un échantillon de la population générale composé de 6.000 personnes de 15 ans et plus, soit environ 20 millions d’habitants ?

1.      L’on retiendra quelques grands principes. Les troubles mentaux ne sont pas l’apanage d’une tranche ou d’une catégorie déterminée de la population. Ils touchent aussi bien les riches que les pauvres, que ceux-ci vivent en milieu urbain ou rural. On observe, Cependant, que c’est dans la frange de la population jeune, ayant peu ou pas d’instruction et sans activité professionnelle stable que les prévalences des troubles mentaux sont les plus importantes.

2.      48,9% de la population enquêtée, présente au moins un signe relevant d’une mauvaise santé mentale, quel qu’en soit le degré de gravité, allant du simple tic nerveux ou de l’insomnie passagère, à des manifestations plus graves découlant d’un état d’anxiété plus profond ou d’une dépression.

3.      5,6 % est la prévalence d’un trouble psychotique sur la vie entière.

La consommation des drogues, quant à elle,   touche une tranche de population de plus en plus jeune, et une transition de la consommation classique est soulignée, principalement du cannabis et des psychotropes, au profit d’abus d’alcool et de drogues dures injectables, au premier rang desquelles l’héroïne et la cocaïne, notamment dans les grandes villes, avec les risques que cela comporte en matière de transmission du VIH/SIDA.

Quelle est l’offre de soins dont nous disposons aujourd’hui ? Le pays compte actuellement près de 300 psychiatres, officiant dans le secteur public ou le secteur privé, alors qu’ils n’étaient que 2 en 1970, et environ 2000 lits répartis sur tout le territoire national mettant ainsi fin à la psychiatrie asilaire d’avant 1970. Cette capacité litière dépassait les 3000 lits avec 2000 lits uniquement à Berrechid.

 

Mesdames Messieurs,

 

C’est l’occasion de  souligner avec une grande fierté, les efforts entrepris de longue date par le Royaume dans les domaines de la santé mentale et de la toxicomanie, notamment sur le plan juridique, une préoccupation très nette des autorités concernant la protection des personnes souffrant de troubles mentaux. Est il nécessaire de rappeler que le Dahir n° 1-58-295 du 30 avril 1959 et le Dahir n° 1-73-282 du 21 mai 1974 distinguent aujourd’hui encore le Royaume du Maroc de la majorité des pays arabes et africains.

D’autres mesures ont été arrêtées et mises en œuvre depuis plusieurs années, à tous les niveaux aussi bien politique, juridique, socio sanitaire, économique qu’administratif, pour permettre au système de santé de prendre en charge les personnes souffrant de troubles mentaux, quelle qu’en soit l’origine.

Est il nécessaire de rappeler que le Maroc a ratifié les principales résolutions internationales   en matière de lutte contre les toxicomanies et l’usage des drogues et adhéré à la stratégie en matière de santé mentale prônée par l’OMS en 2001.

 Le choix se porte actuellement sur des structures aux dimensions humaines, ouvertes, d’une gestion plus souple et donc plus efficace et au renforcement du système de soins ambulatoire.  

Est il nécessaire de rappeler qu’en matière de toxicomanie, notre  pays affronte seul ce problème aussi bien pour réduire les surfaces cultivées du Canabis (42% en 2 ans) qu’en matière de lutte contre le trafic des substances psychotropes, l’Office des Nations Unis contre la Drogue et le Crime (ONUDC) en a témoigné.

 Quant aux Sans Domicile Fixe (SDF) : la collaboration avec les autorités locales notamment dans le cadre de l’INDH  et la lutte contre l’exclusion prônée par Sa Majesté le ROI doit aplanir, les difficultés inhérentes à ce nouveau phénomène que connaît de plus en plus notre pays.  

Mesdames, Messieurs,

 Le gouvernement de Sa Majesté est déterminé à mobiliser tous les moyens pour poursuivre les réformes entreprises, notamment en ce qui concerne la modernisation  et l’humanisation des structures psychiatriques existantes, de créer des structures adaptées à certaines populations vulnérables,  et de mettre en œuvre une politique novatrice à même de permettre une meilleure intégration des soins de santé mentale dans les soins de santé de base par la création de nouveaux services de psychiatrie au sein des hôpitaux généraux. Il en est de même de la création d’unités de prise en charge d’enfants et adolescents.

 Pour la lutte contre les toxicomanies, nous comptons concentrer nos efforts sur la réduction de la demande, sur la mise en œuvre de mécanismes permettant un meilleur traitement et une meilleure prise en charge des usagers des drogues et enfin sur la détermination de mesures de prévention des risques liés à l’usage des drogues injectables, notamment les risques d’infection au VIH/SIDA.

  

Mesdames, Messieurs,

 Les défis que nous devons relever pour la prochaine décennie sont importants et demandent une mobilisation de tous, dès lors que nous partageons la volonté d’offrir à ceux qui souffrent de troubles mentaux ou d’une toxicomanie, un cadre de vie digne de nos traditions de solidarité et de partage. Dans ce cadre, le partenariat aussi bien avec les ONG nationales qu’avec la coopération internationale demeure incontournable.

Dans le même ordre d’idées nous devons tout mettre en œuvre pour lutter collectivement contre la stigmatisation, la discrimination et l’inégalité.  

Cette nouvelle vision nous permettra de mettre en oeuvre un système de santé mentale complet, intégré et efficace qui englobe la promotion, la prévention, le traitement, la réadaptation, les soins et la réinsertion sociale ; cela suppose qu’un personnel spécialisé et en nombre suffisant  soit disponible, mais surtout engagé et conscient des enjeux.  

Le gouvernement de Sa Majesté en est conscient et ouvre d’ailleurs chaque année une moyenne de 1200 postes parmi les 7000 quei prévoit la loi de finances. 

Mesdames et Messieurs, 

Permettez moi encore une fois de vous remercier tous pour votre participation, de renouveler mes souhaits de bienvenue pour nos hôtes et souhaiter beaucoup de succès à vos travaux.

Il me reste à remercier l’équipe qui, autour du Dr. Noureddine Chaouki, a préparé ce séminaire et dire merci à la presse, toute la presse pour l’intérêt tout particulier qu’elle accorde à ce sujet. Un autre tabou est tombé aujourd’hui. 

Je vous remercie de votre attention.

 


 

 
 
 
   

  

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