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Atelier du consensus sur la stratégie de lutte antituberculeuse au Maroc pour la période 2006-2015

Rabat 23-25 Juin 2006

 

- Monsieur l’ Ambassadeur

- Monsieur le Président

- Madame la Député,

- Monsieur le Secrétaire Général

- Monsieur l’Inspecteur Général

- Messieurs les Directeurs

- Messieurs les Délégués

- Mes chers confrères

 

résider la cérémonie

Permettez-moi de vous exprimer mon réel plaisir à présider aujourd’hui la cérémonie d’ouverture de l’atelier de consensus sur la stratégie de lutte antituberculeuse au Maroc pour la période 2006-2015.

L’organisation de cet atelier intervient à un moment où la lutte contre la tuberculose est devenue une priorité mondiale, avec un degré d’alerte élevé, mais aussi à un moment où nous devons recadrer notre plan de lutte et d’en reformuler les objectifs et les approches.

 

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi de vous exprimer mon réel plaisir à présider la cérémonie

La révision du Programme National de Lutte contre la Tuberculose, que le Maroc a entreprise en 1990, nous a permis, non seulement d’assurer, aujourd’hui, la détection par ce programme public, de plus de 80% de cas de tuberculose pulmonaire à microscopie positive (TPM+) qu’enregistre annuellement notre pays, mais aussi d’atteindre un taux annuel de succès thérapeutique qui, selon l’OMS, se situe entre 85% et 90%. De sorte que notre pays a pu, dès 1995, atteindre les objectifs pour lesquels l’OMS avait fixé comme échéance l’an 2000, dans le cadre de sa stratégie internationale DOTS (Directly Observed Treatment Short-Course : Stratégie de traitement de brève durée sous surveillance directe).

Cette réussite atteste essentiellement d’une capacité indéniable du Maroc à auto gérer cette maladie qu’on peut qualifier, néanmoins, de persistante chez nous, avec, comme acquis important pour la population, la gratuité totale de la prise en charge médicale des patients.

Toutefois, nous constatons aujourd’hui que ces performances ne nous ont pas encore permis d’infléchir irrémédiablement l’incidence de cette pathologie, avec ses différentes formes, puisque nous dépistons 26.000 cas par an, soit une incidence de 87 nouveaux cas pour 100.000 habitants; sachant que sur ces 87 cas, pas moins de 40 présentent une tuberculose pulmonaire à microscopie positive.

 

L’examen critique et transparent de cette situation doit nous amener aujourd’hui à changer de démarche de diagnostic à travers les données suivantes :

1.      70% des cas dépistés sont concentrés dans les zones les plus urbanisées et les plus peuplées;

2.      70% des cas de tuberculose ont un âge compris entre 15 et 45 ans et 80% ont un âge inférieur à 45 ans. L’âge moyen de ces patients étant de 34 ans;

3.      Cette maladie affecte à 57% les hommes et à 43% les femmes.

 

À la lumière de ces données, comment peut-on reformuler les objectifs de notre programme de lutte?

D’abord, en soulignant  l’impact socio-économique qu’une telle situation induit, puisque plus des 2/3 des 26.000 cas dépistés annuellement appartiennent aux catégories d’âge qui sont dominantes dans le profil moyen de notre population active : jeune mâle urbain. A elle seule, cette réalité doit légitimer à nos yeux, l’affirmation que la tuberculose représente au Maroc un problème majeur de santé publique.

D’un autre côté, l’examen en détail de l’incidence par région et par localité nous apprend que le gros des effectifs réside dans les zones suburbaines et dans les zones à urbanité fragile ou fort déficitaire en équipements collectifs et en conditions de vie adéquates, comme les vieilles médinas, les vieux quartiers et les extensions sauvages et /ou informelles des grandes villes. En fait, ce tableau désigne clairement, dans sa totalité comme dans sa répartition régionale et locale, depuis Tanger et Oujda jusqu’à Marrakech et Laâyoune, l’insalubrité et surtout la pauvreté.

Par conséquent, le recadrage de notre plan de lutte passe par la donne de la pauvreté, comme front de lutte à intégrer à nos activités purement techniques et cliniques. Autrement dit, le Maroc, concerné par les Objectifs du Millénaire tracés par l’ONU en matière de développement humain, est donc tout a fait engagé par la nouvelle stratégie que recommande, en conséquence l’OMS, pour poursuivre l’extension du DOTS et pour améliorer sa qualité.

L’interpellation du phénomène de la pauvreté comme donnée fondamentale dans le diagnostic de la prévalence et de l’incidence de la tuberculose au Maroc cadre opportunément avec le grand chantier national de l’Initiative Nationale de Développement Humain. Nul ne serait étonné de relever que la carte épidémiologique de l’incidence de la tuberculose recoupe, à plusieurs endroits, la carte des localités urbaines et suburbaines ciblées jusqu’à présent, dans une 1ère étape, par l’INDH.

 

Mesdames et Messieurs,

 

Comme vous le savez, l’approche qui préside à l’INDH, conformément aux Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi Mohammed VI Que Dieu l’Assiste, est une approche citoyenne, fondée sur la participation des populations cibles et de la société civile, sur une synergie entre les secteurs public et privé, et sur une démarche de solidarité qui vise à favoriser l’accompagnement des mesures techniques et opérationnels par des mesures de protection et de soutien socio-économiques. Cette approche compte, enfin, sur une mobilisation sociale qui soit porteuse de cohésion, de partenariats et de dialogue entre tous les acteurs nationaux ayant un rôle ou un  autre à jouer dans la résorption du moindre déficit de développement humain.

Cette approche, nous devons la faire nôtre dans le nouveau plan de lutte contre la tuberculose que nous comptons valider durant cet atelier national de consensus d’action  que nous avons voulu ouvert à tous nos partenaires, y compris les associations de quartiers dont je salue, ici la présence parmi nous.

 

Notre stratégie d’action doit comporter les activités nécessaires à un plaidoyer auprès de tous nos partenaires, y compris les médias qui jouent leur rôle fort pertinent de sensibilisation et d’éducation du public, à l’aune de la prévention et de la promotion de comportements corrects en cas de maladie. Nos médias nationaux nous ont toujours soutenus sur ce registre, dans de nombreux programmes. Je suis sûr qu’ils nous témoigneront le même soutien dans cette lutte.

Quant aux ONG et associations, notre pays enregistre chaque jour davantage, et dans plusieurs domaines, la maturité et le précieux concours dans la mobilisation des communautés, dans l’identification précise et concrète des besoins des populations, comme dans l’accompagnement du suivi des actions sur le terrain et dans la fonction de veille et de l’appréciation critique des processus de réalisation, fonction citoyenne indispensable pour une réelle et efficiente évaluation des stratégies déployées et des efforts investis sur le terrain. Nous les invitons vivement à jouer pleinement cette fonction, aux côtés de nos professionnels qui voient en eux de véritables compagnons de route dans cette lutte.

 

Mesdames et Messieurs,

 

La démarche intersectorielle est depuis des années, une culture bien

assimilée et bien éprouvée par les personnels du Ministère de la Santé. Elle explique, pour une large partie, les performances de la quasi-totalité de nos programmes sanitaires, tout particulièrement en direction de nos populations cibles du monde rural et dans nos activités nationales de prévention, d’éducation et de mobilisation sociale. Je suis confiant que dans cette lutte contre la tuberculose, notre Département bénéficiera d’un engagement concret, conséquent, et, je l’espère, volontariste, de la part de nos confrères des secteurs de la médecine privée, des laboratoires d’analyses, de l’industrie pharmaceutique et parmi les membres des organisations professionnelles et des sociétés savantes, dans un esprit de solidarité avec les personnels de santé publique que notre stratégie doit motiver et mobiliser davantage pour la relance de notre programme de lutte contre la tuberculose dans toutes ses formes.

 

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais conclure en exprimant la même confiance quant à l’implication à nos côtés de nos autres partenaires institutionnels: élus, collectivités locales, autorités provinciales et locales, administrations centrales.

Quand à l’impact de l’INDH qui nous offre une occasion inespérée pour lutter contre la misère, la précarité, la pauvreté terrain idoine pour le développement de la tuberculose.

Je voudrais à la fin remercier les organisateurs de cet atelier et souhaiter à vos travaux tout le succès que notre pays attend et mérite. Je voudrais aussi remercier la coopération Italienne pour son précieux soutien pour l’organisation de cet atelier.

   

  

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