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RENCONTRE
INTERMINISTERIELLE
SUR LE THEME
« GIP ESTHER: AXES DE DEVELOPPEMENT »
INTERVENTION DU DOCTEUR
MOHAMED CHEIKH BIADILLAH
MINISTRE DE LA SANTE DU ROYAUME DU MAROC
Paris, le 3 Novembre 2006
Monsieur Xavier BERTRAND, Ministre de la Santé et des
Solidarités,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Chers
collègues,
Mesdames et Messieurs,
C’est avec un grand plaisir que je participe à vos
cotés aujourd’hui à cette importante rencontre à laquelle notre
collègue Monsieur Xavier BERTRAND, Ministre de la Santé et des
Solidarités et Monsieur Philippe DOUSTE-BLAZY, Ministre des
Affaires Etrangères ont bien voulu nous inviter.
Notre privilège est d’autant plus grand que cette
réunion est organisée avec le soutien et l’impulsion de Son
Excellence le Président Jaques CHIRAC.
Permettez-moi donc, Monsieur le Ministre, de vous
remercier vivement, pour cette aimable invitation et pour
l’accueil fraternel et chaleureux que vous avez bien voulu nous
réserver.
Je tiens à saluer, à cet égard, le rôle de premier
ordre que joue la France dans la rude mais noble mission de
lutte contre cette pandémie dévastatrice.
Permettez-moi, également, de saluer la présence, parmi
nous, de la société civile qui mérite tout notre respect et
toute notre considération pour son travail constant, conscient
et volontariste, au service des personnes vivant avec le
VIH/SIDA.
Mesdames et Messieurs,
La participation massive et diversifiée à cet important
rendez-vous traduit bien l’intérêt majeur qu’ont voulu lui
conférer tous les partenaires, conscients du danger que fait
planer l’expansion du SIDA sur l’humanité, et fermement
déterminés à continuer la lutte contre ce fléau.
En dépit d’incontestables acquis obtenus par la
communauté internationale, notamment en matière d’accroissement
de ressources financières, d’expertise, de formation et
d’élargissement de l’accès aux services de prévention, de
traitement et d’appui, les résultats obtenus demeurent, hélas,
en deçà des objectifs escomptés par la communauté
internationale.
Les indicateurs et les bilans les plus récents montrent
que cette terrible pandémie résiste à tous les efforts déployés
pour la juguler et que malgré les actions méritoires engagées
sur tous les fronts, le nombre de personnes contaminées ne cesse
de croître.
Ainsi plus de 40 millions de personnes vivent avec le
VIH/SIDA, dont plus de 25 millions en Afrique, et déjà 15
millions d’orphelins.
Les conséquences néfastes de cette terrible maladie
sont nombreuses et diversifiées : réduction de la croissance
économique, désarticulation de la pyramide des âges, et
réduction de l’espérance de vie à la naissance à son niveau d’il
y’a 50 ans notamment pour plusieurs pays de l’hémisphère sud.
Mesdames et Messieurs,
Est-il nécessaire de souligner l’interaction et le lien
de causalité existant entre le Sida, et la pauvreté et de
rappeler que la lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et la
tuberculose fait partie des huit Objectifs du Millénaire pour le
Développement.
Le Royaume du Maroc à depuis déjà 1988, arrêté et mis
en oeuvre un plan stratégique national de lutte contre le SIDA,
ce plan a bénéficié de l’appui constant et plusieurs fois
réitéré, de Sa Majesté le ROI Mohammed VI et de nos partenaires
internationaux dont notamment le Fonds Mondial et la France.
La trithérapie est actuellement généralisée et
accessible gratuitement à tous les malades du SIDA.
Un système de dépistage volontaire, anonyme et gratuit
a été mis en place.
Le Maroc a engagé une des plus importantes campagnes
d’information et de sensibilisation à laquelle se sont joints,
dans un élan de citoyenneté, l’ensemble des médias nationaux.
Des actions de proximité sont menées en faveur des
populations à comportements à risque et des populations les plus
exposées, grâce aux ONGs nationales qui jouent, dès 1988, un
rôle de pionnier de notre stratégie nationale de lutte contre le
SIDA.
La dynamique focale de l’épidémie au Maroc et les
déterminants de la vulnérabilité à l’infection, dont certains
sont étroitement liés à la pauvreté, ont suscité l’intégration
de la prévention du SIDA dans les divers programmes de
développement.
A ce titre, l’Initiative Nationale pour le
Développement Humain fait naître de nouveaux espoirs en matière
de lutte contre la pauvreté et l’exclusion et constitue donc un
appui majeur de notre plan de lutte contre le Sida.
Mesdames et Messieurs,
Le SIDA est une maladie devant laquelle aucun pays
seul ne peut faire face. C’est pour cette raison, et bien
pour d’autres encore, que nous apprécions hautement l’Initiative
que Messieurs les Ministres français ont prise.
Le choix pertinent du thème « GIP ESTHER : Axes de
Développement », qui constitue le sujet de notre rencontre
aujourd’hui, nous offre l’opportunité d’évoquer devant vous
l’importance de la composante ESTHER dans notre plan national de
lutte contre le SIDA.
Au Maroc, les accords conclus avec GIP ESTHER ont connu
un développement satisfaisant et une déclinaison hautement
appréciée par les professionnels.
Les apports en terme d’expertise ou de transfert de
compétence permettent aux personnes vivant avec le VIH/SIDA, de
recevoir leurs médicaments dans de bonnes conditions, de suivre
une éducation thérapeutique, d’être suivies sur le plan
biologique et clinique et de lutter contre les Infections
Opportunistes.
La contribution du réseau au renforcement des
équipements des services de soins et également un appoint non
négligeable.
Le programme ESTHER nous a permis de renforcer les
plateaux techniques et de mieux former les ressources humaines à
faire face à ce fléau.
Depuis le 2 juillet 2003, date de signature de l’accord
cadre de coopération par le Docteur Jean-François MATTEI et
moi-même, trois Etablissements Hospitaliers ont adhéré à ce
programme et une Association pionnière dans ce domaine
(Association de Lutte contre le Sida), accompagne ce mouvement.
La mise en oeuvre de ces conventions a permis de
renforcer les connaissances des professionnels impliqués dans
les soins prodigués aux personnes vivant avec le VIH/SIDA et ce,
par l’organisation de stages, de séminaires de formation et de
rencontres scientifiques qui ont pu augmenter et améliorer leurs
connaissances et leurs capacités.
A ce jour, 120 médecins et paramédicaux, à Rabat et à
Casablanca, ont bénéficié de formation, dans la région d’Agadir,
les séminaires commenceront bientôt et intéresseront plusieurs
dizaines de personnes.
Sans l’apport budgétaire et scientifique du GIP ESTHER,
nous n’aurions pas pu atteindre ces résultats.
Mesdames et Messieurs,
Le Maroc a abrité, à Marrakech en décembre 2005, la
douzième réunion du Conseil d’Administration du Fonds Mondial de
lutte contre le SIDA, la Tuberculose et le Paludisme et,
parallèlement, celle des Ministres de la Santé de la Région
Afrique du Nord et Moyen Orient.
A cette occasion nous avons eu le plaisir de recevoir
Monsieur Xavier BERTRAND qui avait participé à cette rencontre.
Ces deux réunions avaient pour objectif d’étudier, la mise en
œuvre d’une réponse structurée et cohérente à contre la
propagation du SIDA dans la région MENA.
Lors de ces réunions, les Ministres de la région MENA
avaient adopté une résolution incluant l’appel de Son Excellence
le Président Jaques Chirac en faveur d’une taxe sur les titres
internationaux de voyage en vue de renforcer les moyens
financiers destinés à la lutte contre le SIDA, notamment pour
faciliter l’achat de médicaments.
Malgré les efforts de la commission Internationale de
la mise en place du Fonds Mondial et l’initiative 3 x 5 de feu
Lee Jong Wook, le nombre de P.V VIH non prises en charge
continue à augmenter, les dégâts économiques, notamment au Sud,
ne connaissent pas de répit et la recherche scientifique demeure
impuissante.
Il est légitime, à ce stade, de continuer à poser les
mêmes questions : comment faire pour que toutes les PV/VIH SIDA
aient accès au traitement, comment faire pour que les pays du
Sud les plus pauvres (Afrique) puissent avoir les programmes
nationaux structurés et financés.
Comment faire pour faciliter l’achat des médicaments à
des prix abordables et comment faire pour stimuler la recherche
pour trouver un vaccin.
La mobilisation de la Communauté scientifique et le
renforcement des sources de financement nécessitent un
engagement politique au plus haut niveau. La solidarité
internationale et la coopération Nord Sud demande un engagement
politique au plus haut niveau.
C’est ce que nous faisons aujourd’hui. Je suis
convaincu que cette réunion prendra date dans la stratégie de
lutte contre le SIDA notamment au Sud.
Je vous remercie pour votre aimable attention. |