Mise en garde de "60 millions de
consommateurs" contre le tatouage au henné
Les tatouages au henné, temporaires et très en vogue en été,
devraient être sans danger, mais ils peuvent contenir une substance
ajoutée, la PPD, responsable de "graves allergies", met en garde le
magazine 60 millions de consommateurs dans son édition de
juillet-août.
Les risques liés à la PPD (paraphénylènediamine) ne concernent
pas le henné traditionnel utilisé par des millions de femmes dans le
monde, précise-t-il.
"Le mieux est d'éviter ces tatouages au henné", proposés dans les
stations balnéaires (Europe, Maghreb...), sur les marchés, voire
chez certaines esthéticiennes, selon le Dr Martine Vigan, président
du groupe de travail sur la sécurité d'emploi des produits
cosmétiques de l'agence française de sécurité sanitaire des produits
de santé (Afssaps). Ils sont, en tout cas, à fuir quand ont est déjà
allergique à la teinture capillaire, ajoute-t-elle.
Ces produits circulent "sans aucun contrôle" et "sans aucune
information disponible sur le nom du fabricant ou la liste des
ingrédients". Mais, le magazine donne des "indices" d'ajout illicite
de PPD : "si l'encre ou la pâte est d'un noir de jais, si le dessin
peut être fait en quelques minutes, c'est plutôt mauvais signe".
D'"utilisation restreinte en cosmétologie", sa concentration
maximale est de 6% pour la coloration des cheveux. Or "des taux de
15% de PPD ont été trouvés dans certaines préparations au henné",
s'insurge le Dr Vigan. Aussi a-t-elle "rédigé un signalement aux
autorités européennes demandant d'instaurer des campagnes
d'information sur les risques encourus". L'Afssaps souhaite
également que les services des fraudes (DGCCRF) fasse des contrôles
sur les lieux de vacances dès cet été.
Le tatouage fait, "si au lieu de s'effacer, il devient rouge et
gratte, il faut consulter un médecin". Même si cela parait bénin, à
la prochaine exposition à la PPD, vous risquez des ennuis plus
sérieux (nouvel eczéma de contact, plaies suintantes, voire oedème
allergique, hospitalisation d'urgence...), explique le magazine.
"Faut-il attendre un décès pour limiter cette pratique" demande
dans "60 millions de consommateurs" le Pr Annick Barbaud,
dermatologue à l'hôpital de Nancy, qui a récemment rapporté le cas
d'une jeune femme hospitalisée dans un état dramatique à son retour
de vacances.
Une fois sensibilisé à la PPD, le risque est d'avoir des
réactions allergiques aux teintures de cheveux, mais aussi à des
vêtements sombres, et pire à des médicaments (sulfamides, certains
anesthésiques locaux...), prévient le magazine. |