Certains spécialistes éminents de la maladie restent prudents. "Il n'y a
absolument aucune preuve qu'il s'agit d'un super virus", estime, par
exemple, le Dr Robert Gallo, directeur de l'institut de virologie
humanine de l'université du Maryland.
Une souche du virus du sida particulièrement résistante a été découverte
à New York, ont prévenu les autorités sanitaires de la ville. Cette
souche aurait été diagnostiquée pour la première fois sur un habitant de
New York, un homme âgé d'une quarantaine d'années, qui a développé la
maladie peut-être deux ou trois mois après avoir été infecté par le
virus.

Le délai n'aurait, en tout cas, pas excédé
vingt mois.
La souche a résisté à trois des quatre classes de traitement
antisida, ont précisé les autorités de santé, qui ont demandé aux
hôpitaux et aux médecins de rester en alerte.
Le patient, homosexuel, avait de multiples partenaires et consommait
souvent du crystal méthamphétamine, un puissant stimulant appelé aussi
ice, ou speed.
Le Dr David Ho, chef du centre de recherche Aaron Diamond sur le sida
à New York, a qualifié le cas d'"alarmant" et appelé à la plus
grande vigilance.
"AUCUNE PREUVE QU'IL S'AGIT D'UN SUPER VIRUS"
Mais certains spécialistes éminents de la maladie restent prudents.
"Il n'y a absolument aucune preuve qu'il s'agit d'un super virus",
a ainsi estimé le Dr Robert Gallo, directeur de l'institut de virologie
humanine de l'université du Maryland. De plus, selon lui, rien n'indique
que le virus en question pourrait se transmettre. "Ce n'est pas
nouveau et il est très probable que ce virus n'ira nulle part",
a-t-il estimé, ajoutant que cette appréciation pourrait changer s'il
existait de multiples cas.
Le Dr John Moore, chercheur à l'université de Cornell, a fait lui
aussi preuve de prudence. "Est-ce que cette souche en particulier
modifie complètement la donne ? Je ne crois pas", a-t-il dit.
"Plutôt qu'un super virus, cela pourrait se transformer en pétard
mouillé." Il a ajouté que le HIV résistant à plusieurs traitements
se transmettait beaucoup plus difficilement que les souches non
résistantes.
Sandra Mullin, porte-parole du département de santé de New York, a
néanmoins défendu la gestion du cas par ses services, soulignant que
"ce n'est pas une annonce que nous avons faite à la légère. (...) Nous
avons posé beaucoup de questions, nous avons pratiqué de nombreux tests
en laboratoire, nous avons procédé à de nombreuses vérifications.
Avec Reuters