Conduite à tenir devant une envenimation par piqûre de scorpion
Arbre de décision
Données Epidémiologiques
 
L'envenimation scorpionnique au Maroc par sa fréquence représente un vrai problème de Santé Publique.

Selon les données épidiémologiques établies par le Centre Anti-Poisons du Maroc (CAPM), l'intoxication par piqûre de scorpion occupe la première place parmi les différentes intoxications (30%). La piqûre de scorpion est particulièrement dangereuse chez l'enfant.

Les régions les plus touchées par ce fléau sont les provinces du centre et du sud du Maroc : Agadir, Safi, Beni Mellal, Essaouira, Kalaa Sreghna, Khouribga, Marrakech et Tiznit etc ...

La piqûre est la plus fréquente durant les mois chauds avant 9h et après 18h. Les parties les plus touchées sont les mains et les pieds.

Les scorpions n'aiment pas la chaleur du soleil et vont donc se cacher dans les endroits humides et obscurs particulièrement sous les pierres et dans les endroits où on accumule les vieux objets (débarras).
Les scorpions ne peuvent pas grimper les surfaces lisses.

Plusieurs espèces de scorpion existent au Maroc, les plus dangereuses sont l'Androctonus mauritanicus et le Butus occitanus.

Après la piqûre, le venin de scorpion va diffuser rapidement dans le corps humain. La fixation du venin au niveau des tissus sera à l'origine de manifestations cliniques pouvant mettre en jeu la vie du malade.
 

Données Thérapeutiques
 
A- Ce qu'il faut éviter 

- Inspiré des croyances légendaires de la population, le traitement traditionnel reste sans effet, voire même dangereux, et il faut impérativement banir :
L'incision et la scarification : risque d'élargir la surface de diffusion du venin avec risque d'infection.
La succion : risque d'entrainer l'envenimation de la personne qui la pratique.
La pose du garrot : risque d'entrainer une gangrène et par conséquent une amputation du membre blessé ou encore risque de "crush syndrome" lors de la levée brutale du garrot.
Le recours aux moyens traditionnels (gaz, brûlures, ...).
La cryothérapie qui engendre une vasoconstriction et peut occasionner des gelures qui induiraient une nécrose cutanée.
 

- L'usage de certains médicaments n'est plus à recommander :
La corticothérapie.
les antihistaminiques.
La calcithérapie.
Les antibiotiques.
Les anesthésiques locaux au niveau de la piqûre.
Le sérum anti Tétanique.
 

B- Ce qu'il faut faire 

  1- Calmer la victime et son entourage.
  2- Mettre la victime au repos.
  3- Faire un examen clinique, et évaluer les constantes Vitales (état de conscience, état respiratoire, pouls, tension artérielle, température).
  4- Hiérarchiser selon l'état du malade en :

    Classe 1

      Signes locaux au point d'inoculation (douleur, rougeur, engourdissement local etc ...).

    Classe 2

      Présence d'un ou de plusieurs stigmates de réaction clinique généralisée :
      Frissons - Sueurs - Rougeur cutanée - Température > 38° - Manifestations digestives : nausées, vomissements, diarrhées,   ballonnement abdominal - Hypertension artérielle - Priapisme.

    Classe 3

      Défaillance des fonctions vitales (Neurologique, Respiratoire, Cardio-vasculaire)

  5-Traitement 

    5-1 Traitement symptomatique :
      Désinfection de la plaie
      Paracétamol si douleur
      Autres médicaments symptomatiques

    5-2 Traitement de la détresse vitale :
      Position latérale de sécurité.
      Assurer la liberté des voies aériennes supérieures.
      Assurer une ventilation.
*Si défaillance respiratoire
  Intubation et ventilation assistée.
  Prendre une voie veineuse et brancher une perfusion lente de serum salé à 0.9 %
  Confier le patient à un service de réanimation :
*Si défaillance cardio-circulatoire 
  Massage cardiaque externe si ineficacité cardio-circulatoire.
  Analeptiques cardio-vasculaire :
  Dbutamine en perfusion 5 à 15 ug/kg/mn.
  Surveiller : conscience, rythme resp, pouls, T.A, température.