A
côté des réalisations organisationnelles, réglementaires,
de recrutement et de formation du personnel, le CAPM a réalisé
un certain nombre d'études sur les données recueillies ainsi
que des travaux de recherche sur le terrain (publication de thèses,
d'articles scientifiques, communications scientifiques...). Ces études
ont abouti aux conclusions suivantes :
Les
intoxications sont loin d'être négligeables au Maroc. Le nombre
de cas hospitalisés dans les hôpitaux publics déclarés
au CAPM est de 4500 cas par an ce chiffre peut être estimé
facilement à 10 000 cas par an si l'on tient compte des cas qui
ne parviennent pas nécessairement aux hôpitaux publics et
ceux qui ne sont pas déclarés au CAPM.
L'exposition
de la population Marocaine aux toxiques est très importante et concerne
aussi bien les toxiques naturels (scorpion, serpent), traditionnels (plantes,
minéraux, produits de la pharmacopée traditionnelle etc...)
que modernes (Médicaments, gaz toxiques, pesticides, produits ménagers
etc....). La répartition des intoxications selon le produit en cause
permet de positionner le scorpion comme première cause d'intoxication
(28 %) suivi par les médicaments (18 %), les pesticides (11 %),
les aliments (11 %), le monoxyde de carbone (5,5 %), les plantes et les
produits de la pharmacopée traditionnelle (2,5 %), puis par les
autres toxiques (produits ménagers, toxicomanogènes, solvants
etc..). Les toxiques les plus mortels au Maroc sont les plantes et les
produits de la pharmacopée traditionnelle dont le létalité
est de (17 %) suivie des pesticides (3,5 %), des piqûres de scorpion
(1,3 %), des médicaments (1 %), et du monoxyde de carbone (0,8%).
La
population marocaine n'est pas avertie des risques des toxiques. Elle ne
connaît pas les précautions à prendre pour prévenir
l'intoxication ni la conduite à tenir face à une intoxication.
Au niveau des structures sanitaires, Les insuffisances soulevées
sont l'absence de protocoles thérapeutiques standardisés
devant les différentes intoxications, l'absence d'un plateau technique
régional permettant le dépistage des toxiques et l'insuffisance
en antidotes et en médicaments spécifiques aux intoxications.