Centre Anti-Poison du Maroc

 
Institut National d'Hygiène. 27, Avenue Ibn Battouta
BP: 769 Agdal Rabat - Maroc
Fax (07) 77 20 67
 

Le Centre Anti-Poisons du Maroc est un service d'utilité publique mandaté pour la gestion des problèmes toxicologiques à l'échelle individuelle ou collective et pour la surveillance des effets indésirables des médicaments.
L'objectif principal du centre est l'amélioration de la santé de la population Marocaine par la diminution de la morbidité de la mortalité et des dépenses économiques liées aux intoxications.
Les objectifs spécifiques sont la diminution du nombre total d'intoxications et l'amélioration de la prise en charge adéquate du patient intoxiqué. 
Ces objectifs nécessitent l'élaboration d'une stratégie nationale de lutte anti-toxique dont les composantes sont :
- la maîtrise de la connaissance de l'état épidémiologique,
- l'éducation de la population, 
- la formation du personnel médical et paramédical,
- L'élaboration des conduites à tenir standardisées, 
- la disponibilité de laboratoires de toxicologie d'urgence au niveau des provinces, 
- la disponibilité du matériel de réanimation, des antidotes et des médicaments. 
 
 
 

1989, le Ministère de la Santé Publique a engagé une politique de développement du Centre Anti-Poisons du Maroc (C.A.P.M.). le Professeur Rachida. SOULAYMANI, médecin enseignant en pharmacologie, est affectée en tant que directrice du C.A.P.M. Des efforts ont été fournis pour la restructuration, la réorganisation et la mise sur pied d'une activité Anti-poisons répondant aux normes internationales et adaptée aux besoins du pays.
1991, La circulaire ministérielle (N°2DR10) reconnaît le centre et définit ses attributions ; c'est l'organisme National de gestion des problèmes toxicologiques à l'échelle individuelle et collective et de surveillance des effets indésirables des médicaments . 
1992, Le centre fut reconnu grâce à l'unité pharmacovigilance comme le 34ème Centre collaborateur du "W.H.O. Collaborating Centers for Pharmacovigilance". Il est le premier Centre Arabe et Africain a être reconnu. 
1994, Le laboratoire de Toxicologie Médicale d'Urgence et de suivi thérapeutique fut crée au sein du Centre Anti-Poisons quatre années ont été nécessaires pour l'équiper en matériel et pour former son personnel.
1995, le Centre Anti-Poisons a lancé la Spécialité Pharmaco-Toxicologie et est devenu centre formateur. Le docteur Raja BENKIRANE fut le premier médecin méritant cette spécialité.

Profil épidemiologique des intoxications au Maroc
 
A côté des réalisations organisationnelles, réglementaires, de recrutement et de formation du personnel, le CAPM a réalisé un certain nombre d'études sur les données recueillies ainsi que des travaux de recherche sur le terrain (publication de thèses, d'articles scientifiques, communications scientifiques...). Ces études ont abouti aux conclusions suivantes :

Les intoxications sont loin d'être négligeables au Maroc. Le nombre de cas hospitalisés dans les hôpitaux publics déclarés au CAPM est de 4500 cas par an ce chiffre peut être estimé facilement à 10 000 cas par an si l'on tient compte des cas qui ne parviennent pas nécessairement aux hôpitaux publics et ceux qui ne sont pas déclarés au CAPM.

L'exposition de la population Marocaine aux toxiques est très importante et concerne aussi bien les toxiques naturels (scorpion, serpent), traditionnels (plantes, minéraux, produits de la pharmacopée traditionnelle etc...) que modernes (Médicaments, gaz toxiques, pesticides, produits ménagers etc....). La répartition des intoxications selon le produit en cause permet de positionner le scorpion comme première cause d'intoxication (28 %) suivi par les médicaments (18 %), les pesticides (11 %), les aliments (11 %), le monoxyde de carbone (5,5 %), les plantes et les produits de la pharmacopée traditionnelle (2,5 %), puis par les autres toxiques (produits ménagers, toxicomanogènes, solvants etc..). Les toxiques les plus mortels au Maroc sont les plantes et les produits de la pharmacopée traditionnelle dont le létalité est de (17 %) suivie des pesticides (3,5 %), des piqûres de scorpion (1,3 %), des médicaments (1 %), et du monoxyde de carbone (0,8%).

La population marocaine n'est pas avertie des risques des toxiques. Elle ne connaît pas les précautions à prendre pour prévenir l'intoxication ni la conduite à tenir face à une intoxication. Au niveau des structures sanitaires, Les insuffisances soulevées sont l'absence de protocoles thérapeutiques standardisés devant les différentes intoxications, l'absence d'un plateau technique régional permettant le dépistage des toxiques et l'insuffisance en antidotes et en médicaments spécifiques aux intoxications.