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Royaume du Maroc
Ministère de la Santé
Journée de lancement du projet de
jumelage de l’INH
Discours de Madame Yasmina Baddou
Ministre de la Santé
Hôtel La Tour Hassan,
Rabat, Vendredi 23 janvier 2009
Son
excellence l’Ambassadeur chef de la délégation de la
Commission Européenne au Maroc,
Son
excellence l’Ambassadeur de France,
Monsieur le secrétaire général du ministère des affaires
étrangères et de la coopération,
Monsieur le représentant de l’organisation mondiale de
la santé,
Monsieur le président de l’Institut de Recherche pour le
Développement ,
Honorables experts et invités,
Mesdames et messieurs
Je
voudrais tout d’abord vous souhaiter la bienvenue,
remercier les experts d’avoir pris sur leur temps pour
partager avec nous leur savoir et connaissance, et,
féliciter l’équipe du jumelage d’avoir fait aboutir le
contrat de jumelage au bénéfice du ministère de la santé
du Maroc.
Comme vous le savez, la santé publique a
été pendant longtemps concentrée sur les maladies
infectieuses, la nutrition et la santé de la mère et de
l’enfant. Ces dernières années elle a connu des
évolutions considérables. Ses domaines se sont trouvés
d'abord élargis aux maladies non transmissibles, puis à
la santé environnementale et à la santé au travail.
Avec l'avènement du SRAS et de la menace
de pandémie de grippe aviaire, et eu égard aux risques
sanitaires encourus suite à la montée en charge des
situations de crises humanitaires et de catastrophes, la
santé publique s’est mondialisée au point que la
communauté internationale commence à parler de sécurité
sanitaire internationale. Le rapport de la santé dans le
monde de 2007 a été d’ailleurs réservé à cette question.
Cette évolution de la santé publique
s'est accompagnée d'une révolution dans ses méthodes et
ses outils et la mise en place de réseaux mondiaux de
veille et de surveillance qui reposent sur des systèmes
sophistiqués de partage de connaissances et
d'informations scientifiques.
Pour
encadrer cette évolution, l’Organisation Mondiale de la
santé (OMS) a dû actualiser sa réglementation et comme
vous le savez un nouveau règlement sanitaire
international (RSI) est entré en vigueur depuis 2005.
Devant
cette situation, beaucoup de pays développés se sont
engagés dans une refonte de leur système de santé
publique
à la recherche d’une meilleure
organisation de ses fonctions et d’une meilleure
efficacité de ses outils ; l’enjeu étant de garantir la
protection de la santé de leurs populations et
d’anticiper toute menace à la sécurité sanitaire.
Le Maroc ne peut pas, et ne doit pas,
faire l’économie de ce genre de réflexion. La
protection de la santé des citoyens est la première
mission de tout Ministère de la Santé. Avec ce projet de
jumelage, il est bien question pour nous de s’engager
dans cette voie.
Au Maroc,
le système national de surveillance épidémiologique en
vigueur a connu un développement soutenu caractérisé par
l’adoption d’une stratégie de décentralisation avec la
mise en place de 16 Observatoires Régionaux
d’Epidémiologie devenus, actuellement, Observatoires
Régionaux de Santé et de 69 Cellules Provinciales
d’Epidémiologie. Ce système de surveillance a permis de
mettre en évidence des avancées considérables en matière
de contrôle et de maîtrise des maladies.
D’un
autre côté, l’Institut National d’Hygiène (INH) dont les
activités couvrent des domaines transverses relevant de
plusieurs directions de notre ministère a connu un
développement certes lent mais soutenu sans pour autant
régler des problèmes majeurs relatifs à son cadre
statutaire et à son infrastructure. Néanmoins, durant
ces quinze dernières années, l’INH a consacré ses
laboratoires en laboratoires nationaux de référence
ou centre nationaux de référence OMS dans
le domaine des maladies infectieuses, de la toxicologie
et de la microbiologie de l’environnement. Il a créé en
2005 un observatoire national des micro-organismes
pathogènes pour l’homme. Son rôle dans le
domaine des vigilances a connu un développement
important avec le renforcement des capacités du centre
antipoison et de pharmacovigilance reconnu par l’OMS
pour nombreuses de ses activités.
Fort de
son potentiel de référence, l’INH a été en mesure
d’accompagner des urgences sanitaires et des
catastrophes et d’appuyer le ministère de la
santé en matière d’évaluation des risques
environnementaux.
Avec la
création du bureau des laboratoires en 1998 par
circulaire ministérielle, l’INH a soutenu le
développement du réseau des laboratoires santé publique
et a décentralisé de
nombreuses activités de laboratoires d’appui aux
programmes de santé.
L’INH a
également amélioré ses prestations de service
rendues par les plus importants laboratoires
d’immunologie et de génétique humaine au Maroc.
Dans le
domaine de la recherche, l’INH a développé ses
capacités de recherche en santé notamment dans
le domaine des maladies infectieuses, des maladies
génétiques et de l’impact sanitaire de la pollution de
l’environnement.
Pour la
réalisation de nombreux travaux de recherche et de
soutien aux programmes de santé, l’INH a bénéficié de
l’appui financier de différentes agences et
organisations internationales ce qui a permis de
consolider son partenariat national et
international.
C’est
dans ce contexte national et international et dans le
cadre de l’appui de la commission européenne au
processus de réformes institutionnelles engagées par le
Maroc, que nous venons de signer avec les autorités
Françaises, le contrat de jumelage, qui vise le
renforcement institutionnel, organisationnel et
technique de l’INH.
A
l’instar de ce qui existe dans plusieurs pays, notre
pays se doit de se doter d’un institut qui soit en
mesure de refléter l’état sanitaire des populations,
d’anticiper sur le risque d’émergence d’épidémies et
d’appréhender les défis contemporains de santé publique.
Cet
institut dont le domaine de compétence sera focalisé sur
les problèmes majeurs de santé publique aura un
leadership central avec une dimension nationale, à
même de renseigner sur l’état de santé de la population,
de fournir des données scientifiques et factuelles pour
tracer notre politique, arrêter nos priorités et définir
les orientations stratégiques de nos programmes, en
s’inscrivant dans le cadre des règlements
internationaux. Il se doit d’avoir une importante
base scientifique pour l’établissement de ses
programmes et de ses politiques, seule garante d’une
bonne prise de décision.
Ceci lui
permettra, d’une part, de capitaliser les acquis
en matière de surveillance épidémiologique, de
diagnostic de laboratoire, d’investigation des
épidémies, et de recherche biomédicale ; et d’autre part
de rassembler une masse critique de profils,
d’expériences et d’expertises, une combinaison
nécessaire pour des réponses plus efficaces que
ce que le système actuel est en mesure d’offrir.
Notre
institut de santé publique doit aligner ses missions et
ses compétences sur ce qui se passe à travers le monde
en collaboration étroite avec les institutions
clés dans le pays, notamment tous les opérateurs du
système d’informations sanitaires et avec les
institutions internationales opérant dans le même
domaine.
Dans ce
cadre, nous avons accueilli avec grand intérêt l’appui
de la commission européenne à travers le projet de
jumelage de l’Institut National d’Hygiène. Ce projet
vient répondre à notre préoccupation de repositionner et
de renforcer les instituts techniques afin qu’ils
s’acquittent de leur mission de soutien et d’appui au
ministère de la santé sur des bases factuelles avec les
moyens et ressources adéquates.
Afin
d’activer cette restructuration, la conclusion de prêts,
de convention et de projets de coopération bilatérale
permettra de préparer l’infrastructure et les
équipements requis et d’accompagner le renforcement des
compétences humaines pour s’assurer de l’accréditation
des activités stratégiques qui seront confiées au nouvel
institut de santé publique en conformité avec les
standards internationaux.
Nous comptons saisir cette opportunité de
restructuration de l'INH pour développer une réflexion
plus large sur la définition d'une politique de santé
publique au Maroc qui tient compte de toutes les
évolutions qu'a connu ce secteur et qui permet au Maroc
d'être à l'abri de toute menace interne ou externe à la
santé de nos concitoyens.
A cet
effet, des moyens financiers conséquents ont été
réservés, dans notre plan d’action 2008-2012, à la mise
à niveau des Laboratoires de Santé Publique et des
instituts, dont l’INH, occupe une place centrale.
Nous
veillerons à ce que le potentiel de l’INH, de l’Institut
Pasteur du Maroc, du Centre Anti-poison et de
Pharmacovigilance et de certaines directions du
ministère de la santé, notamment pour les activités
opérationnelles dont elles sont chargées, soit mis en
synergie pour consolider les acquis, éviter toute
redondance et favoriser la rationalisation des
ressources.
Un
accompagnement en terme de renforcement du réseau des
laboratoires santé publique et du système d’informations
sanitaires sera assuré à travers le programme de mise à
niveau des Laboratoires de santé publique déjà confié à
l’INH et l’institutionnalisation d’un lien avec les
observatoires régionaux de santé et leurs antennes
provinciales.
Un projet
d’implantation du programme FETP (field epidemiological
training programme) du CDC d’Atlanta est en cours de
mise en œuvre, des projets de soutien à la structuration
de la surveillance des maladies non transmissibles et de
la santé environnementale sont à l’étude. La
reconnaissance récente de l’INH comme membre de
l’association internationale des instituts nationaux de
santé publique nous conforte dans notre stratégie.
C’est
dire toute la dynamique créée récemment autour du projet
de jumelage pour le renforcement des compétences
techniques du futur institut national de santé publique
qui sera au centre du dispositif de santé publique de
notre pays.
Enfin et
pour conclure, conscients de tous les enjeux
précédemment décrits, et soucieux de relever les défis
qui se présentent à notre pays dans le domaine de la
santé, nous confirmons notre volonté de créer un
Institut National de Santé Publique comme témoignage
de notre engagement à long terme envers la santé de la
population de notre pays.
Je vous
remercie
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