La tuberculose
 
 
 

La tuberculose est une maladie infectieuse transmissible par voie aérienne provoquée par une mycobactérie du complexe Tuberculosis correspondant à différents germes et principalement Mycobacterium tuberculosis ou Bacille de Koch.

L'autre agent de la tuberculose humaine est Mycobacterium bovis qui est fréquent au Maghreb. La contamination se fait soit par voie aérienne au contact des animaux malades par voie digestive par la consommation de lait de vache non pasteurisé.

 

Mycobacterium tuberculosis au microscope électronique

 

 

En 1819, la tuberculose a été isolée des autres maladies pulmonaires par Laennec.

En 1839, le médecin allemand Schönlein donne le nom définitif à la maladie, réunissant en une description unifiée ses manifestations cliniques disparates.
En 1865, le médecin Jean-Antoine Villemin démontre expérimentalement la transmission de la tuberculose et affirme que cette maladie est due à un microbe invisible avec les moyens techniques de l'époque.

En 1882, le médecin allemand Robert Koch découvre le bacille qui causait à l'époque un décès sur sept en Europe.

Soignée autrefois dans les sanatoriums par des cures de soleil et plein air, elle a été réduite par les antibiotiques dans les années 1950.

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé, la tuberculose est responsable de deux millions de décès chaque année dans le monde et 8,7 millions de nouveaux cas de tuberculose maladie sont enregistrés chaque année. L'O.M.S. estime qu'entre 2000 et 2020, près d'un milliard de personnes seront nouvellement infectées et que 200 millions d'entre elles développeront la maladie, dont 35 millions mourront de tuberculose si aucune amélioration n'est apportée dans le contrôle de cette infection.

La maladie est endémique dans tous les pays en voie de développement. L'épidémie du SIDA et l'émergence de bacilles multi résistants aux antibiotiques contribue à aggraver l'impact de cette maladie.

 

 

Taux d'incidence de tuberculose estimés. OMS, 2005

 

 

Selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), 5 à 10 % des sujets infectés développent la maladie ou deviennent contagieux au cours de leur existence.
La plupart des nouveaux cas se situent en Asie notamment en Inde et en Chine. La croissance reste très forte en Afrique subsaharienne en raison notamment de l’impact de la prévalence importante de l’infection à VIH. Dans les pays de l'Europe de l'Est, il existe une augmentation du nombre de cas.
Son incidence peut atteindre près de 10 % chez les utilisateurs de drogues par intraveineuse et porteurs du HIV.

Les facteurs principaux de diminution de la tuberculose sont liés à la malnutrition, l'immunodépression, l'habitat, le contact direct avec des personnes infectées et certaines professions de santé, l'hygiène et l'éducation sanitaire.

 

La transmission est essentiellement respiratoire par les aérosols de bacilles tuberculeux émis par les malades atteints (toux, éternuements). Une personne tuberculeuse non traitée peut infecter de 10 à 15 personnes en moyenne chaque année.


Les déplacements de population (voyageurs, réfugiés, sans-abri des pays industrialisés) ont largement contribué ces 40 dernières années à la dissémination de la maladie sur la planète.

Seules les formes pulmonaires et dans certains cas certaines autres formes respiratoires de la maladie sont contagieuses.
Le risque de développer la maladie une fois que l’infection a eu lieu est plus important chez les enfants et les personnes immunodéprimées.

La période de contagiosité retenue de façon consensuelle est de 3 mois avant le diagnostic qui peut être prolongée en cas de toux plus ancienne.

 

 

Clinique

Dans la tuberculose pulmonaire (80 à 90% des cas), les symptômes sont une fièvre de 38–38,5 °C au long cours, une toux chronique quelquefois accompagnée d'expectoration et d'hémoptysie, un amaigrissement de 5 à 10 kg survenant en quelques mois,  une fatigue, des douleurs thoraciques et des sueurs nocturnes.

Dans la tuberculose extra pulmonaire (10 à 20% des cas), la dissémination hématogène peut entraîner des

atteintes ganglionnaires, une adénite inguinale ou cervicale, une ostéite tuberculeuse du pied ou une tuberculose cutanée.

 

 

Diagnostic
Le diagnostic de la tuberculose repose sur l'identification au microscope du bacille de Koch à l'examen direct et après mise en culture d'un échantillon d'expectoration. La culture permet d'effectuer un antibiogramme (test de la sensibilité du germe à différents antibiotiques).

 

 

Mycobacterium bovis se distingue aisément de Mycobacterium tuberculosis par ses caractères culturaux (colonies minuscules, blanches, à surface lisse, qui apparaissent en plus d'un mois à l'isolement) et ses caractères biochimiques (micro-aérophile, niacine négative, nitrate négatif).

 


La détection de certains gènes de la mycobactérie après amplification PCR semble être prometteuse avec cependant un coût plus important.

La réalisation d'une intradermoréaction ou test Mantoux permet de dépister les personnes dont l'organisme héberge le bacille de Koch avant les manifestations cliniques de la maladie. Ce test à la tuberculine consiste à injecter sous la peau une dose du produit et de visualiser la présence ou l'absence de réaction allergique après 48 à 72 h. Cependant, ce test est peu sensible, surtout chez le patient immunodéprimés, et peu spécifique (patient vacciné ou ayant été au contact avec d'autres mycobactéries).
Une radiographie des poumons recherchera des signes radiologiques: atteinte des apex (extrémité supérieure des poumons) avec, dans une tuberculose évoluée, des cavernes (cavités dans le tissu pulmonaire contenant de l'air et de nombreux BK).

Une recherche de contamination dans l'entourage familial et professionnel est indispensable.

 

 


 

Traitement
Le traitement dure six mois pour une tuberculose pulmonaire sensible chez un patient immunocompétent, comprenant deux mois de quadrithérapie antibiotique (isoniazide + rifampicine + pirilène + éthambutol) puis quatre mois de bithérapie (isoniazide et rifampicine). Le traitement prolongé est indispensable afin de guérir la maladie et d'éviter l'émergence de souches résistantes dont l'évolution est souvent beaucoup plus grave.
Le nombre annuel de nouveaux cas de tuberculose multi-résistante est estimé à environ 490 000 cas avec plus de 110 000 décès. Les taux les plus élevés se trouvent dans les pays de l’ex-URSS et en Chine.

La détermination des souches résistantes aux anti-tuberculeux habituels est importante pour adapter le traitement.

 

 

Prophylaxie

La prophylaxie repose sur des mesures de prévention individuelle et collective, ainsi que sur le dépistage et le traitement complet des sujets malades.
La prévention contre l'infection par Mycobacterium bovis repose sur la pasteurisation obligatoire du lait et l'abattage obligatoire des bovidés réagissant positivement à la tuberculine ainsi que sur le dépistage des vaches porteuses du bacille.

 

 

Prévention vaccinale par le BCG