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Il est reconnu que l'amélioration de la santé est un facteur
déterminant de la forte croissance économique des pays. Des systèmes
d'éducation et de santé publique efficaces constituent une condition
préalable essentielle en matière de réduction de la pauvreté et de
développement.
Les maladies transmissibles, notamment le VIH/Sida, le paludisme
et la tuberculose, continuent de freiner le développement humain. À
l'échelle mondiale, ces trois maladies font plus de cinq millions de
morts chaque année et les maladies transmissibles représentent 60%
de la charge de morbidité dans les pays en développement.
Le rapport de la Banque Mondiale, publié en 1993 intitulé "INVESTIR
DANS LA SANTÉ, a fait un diagnostic sur la situation sanitaire dans
le monde en mesurant les écarts qui existaient entre les pays, et
d'apprécier les dépenses consacrées à la santé au niveau mondial et
régional et de décrire les différentes politiques de santé. Ce
rapport a été également l'occasion de faire le point sur les
instruments existants d'évaluation et d'appréciation de l'état de
santé des pays et de proposer un nouveau, plus sensible et mieux
adaptés aux comparaisons intra et inter-pays et inter-régions. Cet
indicateur s'intitule "Année de vie corrigée du facteur invalidité
ou incapacité" (AVCI). Le principal mérite de cet indicateur réside
dans la comparabilité des bénéfices des interventions de santé eu
égard aux résultats et aux caractéristiques des individus affectés.
« Si le risque de décès reste la mesure la plus simple de l’état
sanitaire d’une population qui soit utilisable pour procéder à des
comparaisons, on s’intéresse de plus en plus à d’autres modes
de description, d’évaluation et de comparaison de la situation
sanitaire des populations. Les
statistiques de mortalité, en particulier, sous-estiment
sensiblement la charge de morbidité due aux maladies non
transmissibles chez l’adulte car elles ne prennent pas en
considération des issues non fatales telles que la dépression ou la
perte d’acuité visuelle. Il est utile, pour obtenir un indice
synthétique de la charge de morbidité, de calculer le nombre
d’années de vie corrigées de l’incapacité (AVCI) qui prend en compte
à la fois le nombre d’années perdues
par suite d’un décès prématuré et les années vécues avec une
incapacité (AVI). On peut
considérer qu’une AVCI représente une année de vie en bonne santé
perdue et que la
charge de morbidité mesure la différence entre l’état sanitaire
de la population en cause et
celui d’une population normative mondiale de référence dont
l’espérance de vie est élevée et
dont toutes les années sont vécues en parfaite santé. Exprimé en
AVCI, le nombre total d’années de vie en bonne santé perdues dans le
monde en 2002 est dû, dans la proportion de 36 %, à des maladies et
à des traumatismes chez les enfants de moins de 15 ans et, à hauteur
de près de 50 %, à ces mêmes causes chez les adultes de la tranche
d’âge 15-59 ans… ».
Le Ministère de la Santé du Royaume du Maroc, conscient de
l'importance que revêt ce nouvel outil de travail dans le processus
d'allocation des ressources, avait entamé à partir de Juin 1994, la
réalisation d'une étude sur les priorités de santé, basée
essentiellement sur l'approche " charge de morbidité globale et
coût efficacité des interventions". La présente étude est la
continuité de la précédente dans la mesure où elle utilisera la même
méthodologie mais affiné avec de nouvelles données nationale et
internationale, elle sera aussi un outil précieux pour les décideurs
en particuliers et les utilisateurs du système de santé en général.
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